À Rahmallah, George Mitchell appelle à une «paix durable»

Les tentes ont remplacé les maisons détruites par les bombes, dans le camp de Jabalyia.
Photo: Agence Reuters Les tentes ont remplacé les maisons détruites par les bombes, dans le camp de Jabalyia.

Ramallah — L'émissaire américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, a appelé hier à un cessez-le-feu durable dans la bande de Gaza où une relative accalmie après l'offensive israélienne est de plus en plus battue en brèche. «Il est important de consolider un cessez-le-feu viable et durable et nous encourageons les efforts déployés en ce sens», a déclaré M. Mitchell à l'issue d'un entretien avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie.

Il a aussi affirmé que l'administration de Barack Obama travaillerait en vue d'une «paix durable» et qu'elle était attachée à un règlement sur la base de deux États, Israël et la Palestine, «coexistant dans la paix et la sécurité».

Un cessez-le-feu ayant mis fin à une offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui a fait plus de 1330 morts, est mis à mal depuis la mort d'un soldat israélien mardi dans une attaque à l'explosif à la lisière du territoire palestinien, contrôlé par le mouvement islamiste palestinien Hamas.

M. Mitchell a en outre appelé à la mise en place d'un mécanisme permettant l'ouverture permanente des points de passage de la bande de Gaza aux marchandises, avec la participation de l'Autorité palestinienne, chassée du territoire par le Hamas.

L'émissaire américain a été reçu par M. Abbas, après avoir plaidé pour la consolidation de la trêve en vigueur depuis le 18 janvier, lors des précédentes étapes de sa tournée régionale, en Égypte et en Israël.

M. Abbas n'exerce aucun pouvoir à Gaza d'où ses forces ont été délogées par le Hamas en juin 2007, mais il demeure le principal interlocuteur de la communauté internationale qui préconise un règlement négocié du conflit israélo-palestinien.

Avant la rencontre, deux roquettes, les premières depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, ont été tirées ces dernières heures depuis Gaza sur le sud d'Israël, sans faire de victime.

L'aviation israélienne a réagi en lançant une attaque nocturne dans la zone des tunnels de contrebande reliant la bande de Gaza à l'Égypte.

Elle a aussi mené un raid qui a blessé un policier du Hamas circulant à moto et dix-sept autres personnes dont onze écoliers. L'armée israélienne a affirmé que le policier visé était un «terroriste» impliqué dans une attaque ayant tué mardi un soldat israélien à la lisière de la bande de Gaza et à laquelle Israël a déjà riposté par plusieurs raids.

Le vice-ministre de la Défense israélien, Matan Vilnaï, a prévenu qu'Israël réagirait à la reprise des tirs de roquettes: «Il est clair que nous allons réagir, mais il faut faire preuve de patience et nous n'avons aucune intention de dévoiler nos intentions à l'ennemi».

En recevant M. Mitchell mercredi, le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, avait lié l'ouverture permanente des points de passage de Gaza au sort d'un soldat israélien (Gilad Shalit) capturé en juin 2006 et détenu par le Hamas.

«Nous n'acceptons pas la formule "Shalit contre l'ouverture des passages". Shalit ne sera libéré que dans le cadre d'un échange de prisonniers», a rétorqué le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, lors d'un discours mercredi. Il a affirmé que «tous les efforts politiques qui ne tiennent pas compte des droits de notre peuple et de la résistance sont voués à l'échec». Le Hamas exige la réouverture des passages dans le cadre d'une trêve formelle négociée sous les auspices de l'Égypte.

Par ailleurs, l'ONU va lancer un appel de fonds de 613 millions de dollars pour venir en aide aux habitants de Gaza affectés par l'offensive israélienne, a annoncé son secrétaire général, Ban Ki-moon.

À voir en vidéo