Un accès subi de fièvre - Regain de tension à Gaza pour l'arrivée de l'émissaire américain

Gaza — Alors que Barack Obama juge le moment venu pour Israël et les Palestiniens de reprendre le chemin du dialogue, l'arrivée au Proche-Orient hier de son émissaire George Mitchell a été accompagnée d'un accès de fièvre susceptible de mettre en péril la trêve intervenue à Gaza.

Un soldat israélien a été tué et trois autres ont été blessés par l'explosion d'une bombe le long de la clôture séparant Israël de Gaza, un attentat qui a amené Israël à fermer tous les points de passage par où transite l'aide humanitaire. Des chars et deshélicoptères israéliens ont ensuite ouvert le feu en direction des terres palestiniennes avant de procéder à une opération de ratissage.

«Il s'agit d'un incident grave et inacceptable», a jugé le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, qui a promis une riposte, tout comme sa rivale politique, la ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni, pour qui, «comme le Hamas contrôle Gaza, il est responsable de tout ce qui s'y produit».

Incursion israélienne

Quelques heures plus tard, un activiste en vue des Comités populaires de résistance a été blessé ainsi qu'un passant par un tir de l'aviation israélienne contre la moto qu'il conduisait dans le sud de la bande de Gaza.

Des troupes israéliennes ont en outre pénétré en territoire palestinien à l'est de Khan Younès, où elles ont ouvert le feu en direction d'une ferme située dans le secteur, selon des témoins.

Peu après, l'armée israélienne a effectué une incursion à Deir el-Balah, plus au nord, selon des témoins. Des chars israéliens ont tiré des obus sur des maisons palestiniennes et des soldats ont pris position sur les toits de plusieurs habitations, ont ajouté les témoins.

Il s'agit de la plus grave poussée de violence depuis le cessez-le-feu décrété il y a dix jours par Israël au terme d'une offensive de trois semaines contre le Hamas qui a fait 1300 morts parmi les Palestiniens et 10 dans les rangs de Tsahal.

Elle intervient alors que le nouvel émissaire américain au Proche-Orient, George Mitchell, a entamé au Caire sa première tournée dans la région. Barack Obama a expliqué avoir chargé son émissaire de «s'engager de manière vigoureuse et constante pour obtenir de véritables progrès» vers la paix, et pour, «de manière plus immédiate, donner des idées sur la manière de consolider le cessez-le-feu».

Une rude mission

Israël et le Hamas négocient séparément avec l'Égypte une trêve à plus long terme, qui implique aux yeux de l'État juif l'arrêt des tirs de roquettes et le non-réarmement du mouvement islamiste, et dans l'esprit de ce dernier la levée du blocus de Gaza.

À son arrivée au Caire, George Mitchell s'est entretenu avec Javier Solana, émissaire de l'Union européenne, et avec le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. Mitchell, qui est attendu aujourd'hui à Jérusalem, devait ensuite rencontrer le chef de la diplomatie égyptienne, Ahmed Aboul Gheït.

La rude mission de George Mitchell se heurte, outre au regain de tension à Gaza et aux divisions palestiniennes, à l'incertitude politique à deux semaines des élections en Israël, où les sondages accordent une avance au «faucon» Benjamin Netanyahou devant Livni et Barak.

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