Mahmoud Abbas ne peut payer les fonctionnaires - Israël bloque toujours le transfert d'argent vers Gaza

Des soldats israéliens ont fait une pause hier près de Beeri, à l’extérieur de la bande de Gaza.
Photo: Agence Reuters Des soldats israéliens ont fait une pause hier près de Beeri, à l’extérieur de la bande de Gaza.

Jérusalem — Israël, qui vient de retirer ses soldats de la bande de Gaza après une offensive de 22 jours, empêche toujours l'Autorité palestinienne d'y transférer de l'argent pour payer ses fonctionnaires et ses retraités.

Ces restrictions compromettent la capacité du président Mahmoud Abbas, dont le gouvernement est basé en Cisjordanie, à réaffirmer une présence dans l'enclave côtière où le Hamas s'est emparé du pouvoir en 2007, ont rapporté hier des responsables occidentaux et palestiniens.

Les entraves aux transferts de fonds compliqueront aussi la reconstruction après les combats dont le coût pourrait dépasser les deux milliards de dollars.

Israël a fait savoir aux Nations unies et aux autres entités prévoyant de participer à la reconstruction qu'ils devaient solliciter l'approbation israélienne projet par projet et garantir qu'aucun ouvrage ne profitera au Hamas.

Israël n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat sur les raisons pour lesquelles des sommes transférées après la guerre à Gaza par l'Autorité palestinienne étaient bloquées.

Le gouvernement d'Abbas, dirigé par le premier ministre Salam Fayyad, a demandé à Israël l'autorisation d'envoyer plus de 80 millions de dollars dans la bande de Gaza, dont l'essentiel provient d'aides de l'Union européenne.

L'argent devrait couvrir le salaire de 77 000 fonctionnaires de l'Autorité palestinienne en poste dans la bande de Gaza ainsi que les retraites et des allocations destinées aux pauvres. Sur l'ensemble des demandes de transferts, Israël n'a jusqu'ici autorisé que le versement de 10 millions de dollars à l'UNWRA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés de Palestine.

Les restrictions ont en fait été imposées avant que le conflit n'éclate, le 27 décembre, lorsqu'Israël a fait valoir qu'il y avait suffisamment de liquidités en circulation à Gaza et que l'argent risquait de se retrouver aux mains du Hamas.

La reconstruction

La gestion de la reconstruction s'annonce difficile. «C'est une boîte de Pandore», observe un diplomate en évoquant les restrictions imposées par Israël et par la communauté internationale.

Les puissances occidentales considèrent le Hamas comme une organisation terroriste et refusent de transférer de l'argent directement au groupe ou à son administration dans la bande de Gaza. Mais l'Autorité palestinienne n'est guère présente dans la bande côtière depuis que des activistes du Hamas en ont expulsé les membres du Fatah de Mahmoud Abbas, en juin 2007.

La reconstruction pourrait coûter près de deux milliards de dollars, selon des estimations palestiniennes et internationales. Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, qui s'est rendu mardi dans le territoire, a estimé qu'une aide d'urgence de 330 millions de dollars était nécessaire.Des ONG prévoient de faire parvenir une aide massive par les points de passage israéliens.

Lors de son discours d'investiture, Obama a tendu la main au monde musulman, mais le vice-premier ministre israélien Haïm Ramon a estimé hier qu'Israël n'a rien à craindre de son arrivée à la Maison-Blanche. «Je suis convaincu que le président Obama et son équipe veulent parvenir à ce qui est essentiel aux yeux d'Israël: deux États pour deux peuples», a-t-il déclaré à la radio israélienne.

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