Une décision de la Cour suprême - Israël évacue des ultranationalistes d'une maison disputée à Hébron

Des policiers israéliens ont évincé hier des colons juifs d’un édifice de Hebron.
Photo: Agence Reuters Des policiers israéliens ont évincé hier des colons juifs d’un édifice de Hebron.

Hebron — Les policiers antiémeutes israéliens ont eu recours aux matraques et aux gaz lacrymogènes hier pour chasser des dizaines de colons juifs extrémistes d'un bâtiment de Hébron, en Cisjordanie, après plusieurs jours de heurts entre ces derniers et des Palestiniens qui jugent leur présence illégitime.

La tension est vive à Hébron depuis que la Cour suprême israélienne a ordonné le 16 novembre aux colons d'évacuer le bâtiment en question, qu'ils occupaient depuis mars 2007. Ces colons affirment avoir acheté la maison à un Palestinien, lequel dément l'avoir vendue. Et les heurts à Hébron alimentent les craintes de voir ces frictions idéologiques entre extrémistes et modérés dégénérer en violences en Israël à l'approche des élections législatives fixées au 10 février pour trouver un successeur au premier ministre démissionnaire Éhoud Olmert.

Les forces de l'ordre ont évacué en une heure quelque 250 colons retranchés dans la maison, devenue un symbole de leur détermination à ce que le précédent du retrait de la bande de Gaza de 2005 ne se reproduise plus. Le ministre de la Défense, Ehud Barak, a félicité les forces de sécurité pour avoir exécuté leur tâche «en employant le minimum de force nécessaire», lors d'une conférence de presse.

Il a annoncé que l'armée a déployé des renforts en Cisjordanie pour protéger la population palestinienne d'actes de vengeance de colons extrémistes.

Des représentants des colons ont accusé M. Barak d'avoir «choisi la confrontation» et d'avoir usé d'une «brutalité rare» pour des motifs électoralistes, au lieu de régler l'affaire sans violence.

Une centaine de policiers et de gardes-frontières ont pénétré dans le bâtiment, baptisé Maison de la discorde par la presse israélienne, traînant vers l'extérieur un par un les colons, en grande majorité des jeunes.

Des colons en colère se sont livrés ensuite à une série d'actes de vandalisme à l'encontre de Palestiniens à Hébron, détruisant des oliveraies, jetant des pierres, tirant en direction de maisons, faisant trois blessés par balle et incendiant deux maisons au moins, selon des témoins. Ils ont également mis le feu à une quinzaine de voitures palestiniennes.

À l'entrée de Jérusalem, des centaines de jeunes ont manifesté contre l'évacuation, bloquant la route de Tel-Aviv, créant un immense embouteillage et traitant les policiers de nazis alors qu'ils dégageaient la voie.

Ailleurs, en Cisjordanie, des colons ont jeté des pierres sur des voitures palestiniennes dans le secteur de Jéricho, à l'est de Jérusalem et profané une mosquée dans le nord-ouest, taguant des inscriptions injurieuses envers l'islam.

Suite à ces incidents, l'armée a interdit aux Israéliens non résidents de se rendre dans le sud de la Cisjordanie, pour éviter l'arrivée d'activistes ultranationalistes.

Des centaines d'ultranationalistes israéliens s'étaient mobilisés contre l'ordre d'expulsion émis par la Cour suprême en novembre de la maison revendiquée par des Palestiniens. Celle-ci est située sur la route menant de l'implantation de Kyriat Arba, adjacente à Hébron, au Caveau des Patriarches, lieu de pèlerinage commun aux juifs et aux musulmans.

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