Les laïcs nets vainqueurs des municipales à Jérusalem

Jérusalem — L'homme d'affaires laïque Nir Barkat a largement devancé son rival, le rabbin ultra-orthodoxe Meïr Porush, lors des élections municipales hier à Jérusalem, indique une projection de la télévision israélienne. Selon la télévision Channel 1, Barkat a recueilli 50 % des suffrages, contre 42 % à son adversaire.

La ville sainte, dont le futur statut est au centre des négociations de paix entre Israéliens et Palestiniens, faisait l'objet d'un bras de fer politique entre Juifs ultra-orthodoxes et laïques. Les Palestiniens, qui ne reconnaissent pas l'annexion de la partie orientale et musulmane de la ville dans la foulée de la guerre de 1967, ont annoncé qu'ils boycottaient les urnes.

La bataille pour la mairie de Jérusalem, naguère dirigée par le premier ministre sortant Éhoud Olmert, opposait principalement le rabbin Porush, 53 ans, à Nir Barkat, 49 ans.

Le premier, qui parle yiddish, est membre de Judaïsme unifié de la Torah, un petit parti religieux dont il est député à la Knesset depuis 1996. Il a prédit que toutes les villes d'Israël tomberaient un jour aux mains des Juifs orthodoxes.

Le vainqueur, un ancien parachutiste diplômé d'informatique et de gestion, a fait carrière dans des entreprises innovantes de haute technologie.

Les ultra-orthodoxes sont actuellement évalués à 27 % de l'électorat hiérosolymitain tandis que les laïques en représenteraient 43 %. Nir Barkat est donc parvenu a séduire une partie des quelque 30 % de Juifs religieux modérés.

Ultra-orthodoxes et laïques vivent séparément à Jérusalem. Les premiers, en tenue traditionnelle noire, vont à la synagogue chaque samedi et à chaque fête religieuse. Les seconds fréquentent les bars et brasseries non casher.

Toute modification notable de ce modus vivendi est susceptible de provoquer des tensions, voire des violences entre les deux communautés.