Israël - L'unanimité contre Olmert

«Olmert devrait rentrer chez lui et se cacher la tête de honte.» Le quotidien israélien Haaretz réagissait ainsi, une diatribe reprise, sous différentes variantes, par l'ensemble de la presse israélienne hier au lendemain de la recommandation de la police d'inculper le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, pour corruption et abus de confiance.

La police accuse Olmert d'avoir reçu d'importantes sommes d'argent en liquide d'un homme d'affaires juif américain, Morris Talansky, entre 1993 et 2006, et d'avoir frauduleusement facturé des billets d'avion. Même si ces recommandations ne sont pas contraignantes — la décision d'une inculpation revient au seul Procureur général de l'État, Menahem Mazuz —, elles ternissent encore un peu plus l'image d'Olmert. D'autant que l'avis de la police ne concerne que deux des six enquêtes ouvertes contre lui.

Successeur d'Ariel Sharon, tombé dans le coma en janvier 2006, et chef du parti centriste Kadima, Olmert bat des records d'impopularité. En plus des soupçons de corruption qui pèsent sur lui, les Israéliens lui reprochent sa gestion, jugée désastreuse, de la guerre de l'été 2006 entre Israël et le Hezbollah libanais.

Olmert a annoncé fin juillet qu'il ne se présenterait pas aux primaires de Kadima, prévues le 17 septembre, acceptant ainsi, de fait, de renoncer à sa fonction.

Ces dernières semaines, le premier ministre a multiplié les initiatives diplomatiques tous azimuts (négociations indirectes avec la Syrie, pourparlers avec l'Autorité palestinienne dans le but de «parvenir à un accord d'ici la fin de l'année»), comme s'il était là pour encore longtemps.

Il a aussi indiqué qu'il n'avait aucune intention de démissionner avant les primaires de Kadima, malgré les pressions, notamment du Likoud, le principal parti de droite, dirigé par Benjamin Netanyahou.

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