Un dessin animé palestinien pour commémorer la «Nakba»

Cette fillette a pris part à la marche organisée à Jérusalem hier pour commémorer la «Nakba».
Photo: Agence Reuters Cette fillette a pris part à la marche organisée à Jérusalem hier pour commémorer la «Nakba».

Gaza — Alors qu'Israël célèbre les soixante ans de sa fondation avec des feux d'artifice, des spectacles et des défilés militaires, une Palestinienne de Gaza a choisi de marquer l'événement avec un film d'animation commémorant la «Nakba» des Palestiniens, la «Catastrophe» de la perte de leur patrie.

Dans Le Conte d'une clé, des combattants juifs présentés comme «les ennemis de la religion et les ennemis de la Patrie», tirent sur des Palestiniens et bombardent leurs maisons. Il est censé illustrer ce que les auteurs du film appellent le droit «sacré» des Palestiniens à revenir sur les terres dont ils ont été dépossédés et qui font aujourd'hui partie du territoire israélien.

Moamena Abou Hamda, la directrice d'une société de production de Gaza, est à l'origine de ce projet. Selon elle, les auteurs n'ont pas de motivations politiques mais souhaitent raconter aux enfants et aux adultes palestiniens les événements qui les ont chassés de chez eux. «Cela raconte les souffrances, les meurtres et les déplacements» de population, explique la directrice de la société JohaToon. «Cela montre que le peuple palestinien n'a pas quitté sa terre de son propre gré, mais qu'il a été forcé de le faire.» JohaToon a l'intention de diffuser ce film de 32 minutes ce mois-ci, et espère le vendre ensuite dans d'autres pays arabes voire au-delà.

Quelque 700 000 Palestiniens ont fui ou ont été chassés de leur maison lors de la guerre qui a conduit à la fondation de l'État d'Israël en 1948. Environ 4,5 millions de réfugiés et leurs descendants vivent aujourd'hui dans des camps au Liban, en Syrie, en Jordanie, dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Hier, un groupe de 144 femmes de différentes pays sont arrivées à vélo à Jéricho, en Cisjordanie, pour participer aux manifestations de la nakba. «J'appelle Israël à donner aux Palestiniens les droits qui leur reviennent», a déclaré aux journalistes Ditta Regam, présidente de l'association «Suivez la femme» qui chapeaute cette initiative.

Les cyclistes, qui arrivaient de Jordanie, sont originaires notamment des États-Unis, de Nouvelle-Zélande, d'Australie, de France, d'Espagne et du Maroc. Quelque 150 autres cyclistes n'ont pas pu entrer en Israël pour se rendre en Cisjordanie, car elles étaient ressortissantes de pays en état de belligérance avec l'État hébreu, notamment l'Iran, la Syrie ou le Liban.