Barrages militaires en Cisjordanie - Rice n'obtient pas d'engagement d'Israël

Des Israéliens tentaient hier d’empêcher les forces israéliennes de démanteler une synagogue construite illégalement sur une terre palestinienne, près de Kiryat Arba. Condoleezza Rice a demandé hier à ce que plus d’efforts soient faits pour a
Photo: Agence France-Presse (photo) Des Israéliens tentaient hier d’empêcher les forces israéliennes de démanteler une synagogue construite illégalement sur une terre palestinienne, près de Kiryat Arba. Condoleezza Rice a demandé hier à ce que plus d’efforts soient faits pour a

Jérusalem — La secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice, prolongeait hier ses entretiens à Jérusalem, n'ayant obtenu aucun engagement d'Israël sur la levée de ses barrages militaires en Cisjordanie ou la colonisation.

La chef de la diplomatie américaine, qui avait annoncé son intention de demander à Israël la levée d'autres barrages routiers, estimant que ceux qui l'ont été récemment n'amélioraient pas suffisamment la vie quotidienne des Palestiniens, a eu hier une série d'entretiens avec les dirigeants israéliens, notamment le ministre de la Défense, Ehud Barack.

«L'une des choses que nous sommes en train d'examiner, c'est l'impact qualitatif et non quantitatif de certaines améliorations aux mouvements et accès», a-t-elle expliqué lors d'une conférence de presse commune avec le président palestinien Mahmoud Abbas qu'elle venait de rencontrer à Ramallah, en Cisjordanie.

Mais lorsqu'on lui a demandé si Israël s'était engagé à lever d'autres barrages en Cisjordanie, elle s'est abstenue de parler d'accord.

«C'était la première fois que je soulevais cette question. La discussion va maintenant porter sur la façon de procéder», a-t-elle simplement répondu.

Selon un rapport de l'ONU, Israël a levé 44 «obstacles» en Cisjordanie sur les 61 qu'il s'était engagé à supprimer. Mais la plupart n'ont que peu ou pas d'importance.

Sur la question de la poursuite des activités de colonisation israélienne, l'un des principaux obstacles aux négociations de paix israélo-palestiniennes, Mme Rice n'a pas non plus obtenu d'engagement d'Israël.

Alors que le Quartette pour le Proche-Orient (États-Unis, Union Européenne, Russie et ONU) a appelé vendredi Israël à «geler toute activité [d'extension] des colonies, y compris la croissance naturelle», la chef de la diplomatie israélienne, Tzipi Livni, s'est gardée de s'engager publiquement.

«Il est clair que nous devons nous occuper de la situation sur le terrain d'un côté. De l'autre, Israël respectera ses obligations de la Feuille de route», a-t-elle déclaré, laissant entendre que l'arrêt de la colonisation dépendrait de la sécurité sur le terrain.

Mme Livni a cependant reconnu que la colonisation provoquait «des frustrations, et peut-être un malaise» parmi les Palestiniens, assurant qu'Israël n'avait «pas d'objectifs inavoués».

Mme Rice, qui avait prévu en début de soirée une table-ronde avec les journalistes qui l'accompagnent dans sa tournée, l'a annulée pour poursuivre ses entretiens, a-t-on appris auprès du département d'État.

Elle a cependant réaffirmé son optimisme sur les chances d'obtenir un accord d'ici la fin de l'année, se déclarant «impressionnée par le sérieux et la profondeur des discussions» entre Israéliens et Palestiniens.

Elle a défendu la «confidentialité» des négociations, semblant écarter la possibilité de la publication d'un document intérimaire faisant le point des progrès accomplis, envisagé de source israélienne.

Mais le porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, Nabil Abou Roudeina, a fait état d'un «écart toujours très large» avec la partie israélienne. Et le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a démenti des propos sur un «progrès» réalisé dans les négociations israélo-palestiniennes, qui lui avaient été attribué par un journal qatari.

La situation politique du premier ministre israélien Ehud Olmert a pesé sur la visite de Mme Rice, car ce dernier est à nouveau sur la sellette pour une affaire de corruption et paraît plus menacé que jamais, à la tête d'une coalition fragilisée et encore plus réduite, du fait de nouvelles défections.

M. Olmert, qui a souligné que cette affaire ne modifiait pas «l'agenda de son gouvernement et de l'État d'Israël», doit rencontrer M. Abbas aujourd'hui à Jérusalem.

Olmert nie

M. Olmert a déclaré hier qu'il poursuivrait ses activités comme à l'accoutumée en dépit de ce qu'il a qualifié de rumeurs malveillantes sur la nature d'une nouvelle enquête de police le concernant.

Les médias israéliens avancent, en citant des sources judiciaires et politiques non identifiées, que les soupçons pesant sur Olmert sont particulièrement graves et pourraient le contraindre à la démission.

«J'ai répondu à toutes les questions que l'on m'a posées. J'ai coopéré avec les enquêteurs», a déclaré Olmert en s'exprimant pour la première fois publiquement depuis que la police a décidé de l'interroger vendredi.

«J'ai des tâches en tant que premier ministre d'Israël. J'ai l'intention de les mener à bien».

Olmert fait déjà l'objet d'enquêtes pour des affaires de corruption à propos desquelles il a dit n'avoir rien à se reprocher. La police n'a pas précisé l'objet de l'enquête à l'origine de l'interrogatoire de vendredi.

Le secrétariat d'Olmert a dit vendredi qu'il avait été interrogé sur des fonds réunis par un Américain pour des élections municipales, en 1999, et au sein de son parti, en 2002. Il n'a pas dit si la police soupçonnait Olmert d'avoir obtenu ou utilisé cet argent de manière illégale. Olmert s'est fait réélire maire de Jérusalem en 1999. En 2002, il a brigué la direction du Likoud mais a été battu par Ariel Sharon.

La ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, rivale d'Olmert au sein du parti centriste Kadima, a réclamé une enquête rapide pour «lever les incertitudes».