La violence est quotidienne dans le territoire - Sept morts à Gaza, dont un chef du Djihad

Gaza — Sept personnes, dont un important chef militaire du mouvement extrémiste palestinien Djihad islamique, ont été tuées et 50 blessées hier soir dans ce qui semble être un raid de l'aviation israélienne contre la bande de Gaza.

L'aviation israélienne aurait tiré un missile sur la maison d'Ayman al-Fayed, 42 ans, un chef des Brigades al-Qods, la branche armée du Djihad islamique, qui a été tué avec son épouse Marwa, deux de ses enfants, Basma et Ayoub, et trois autres personnes. Au moins 50 Palestiniens auraient été blessés. Les victimes ont été transportées dans deux hôpitaux de la bande de Gaza, Chifaa et Martyrs d'al-Aqsa, où des centaines de Palestiniens se sont rassemblés, criant vengeance contre Israël, selon un correspondant de l'AFP.

Interrogée par l'AFP, une porte-parole militaire à Tel-Aviv a catégoriquement démenti ce raid imputé à son aviation: «Nous n'avons pas mené d'opération hier contre la bande de Gaza. [...] Nous ne sommes pas impliqués dans ce qui s'est passé à El-Boureij ce soir.»

La maison de Fayed a été entièrement détruite et une dizaine d'autres du voisinage ont été endommagées. L'attaque s'est produite dans le camp de réfugiés d'El-Boureij, au sud de la ville de Gaza. Ce camp miséreux et surpeuplé fait partie des huit camps de la bande de Gaza. Le Djihad islamique est considéré comme un des mouvements palestiniens les plus extrémistes, et son aile armée a revendiqué l'essentiel des attentats suicide des dernières années contre Israël.

Les nouveaux décès portent à 6140 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP.

L'État hébreu impose un blocus à la bande de Gaza depuis le 17 janvier et y multiplie les attaques contre les groupes armés en représailles aux tirs de roquettes sur son territoire.

Des responsables israéliens ont menacé cette semaine de «liquider» des chefs du mouvement islamiste Hamas, qui contrôle depuis juin la bande de Gaza, au moment où Israël hésite à y lancer une offensive terrestre de crainte d'un enlisement. «Il faut renverser le régime du Hamas, pulvériser sa force militaire et liquider tous ses dirigeants, sans faire de distinction artificielle entre ceux portant des ceintures d'explosifs et ceux portant le costume de diplomate», a affirmé le chef de la commission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense israélienne, Tzahi Hanegbi. Réagissant à ces menaces, le Hamas a déclaré qu'Israël «paiera un prix sans précédent» si elles sont mises à exécution. «Ces menaces ne font pas peur au Hamas ou au peuple palestinien. L'occupant israélien doit savoir qu'il aura à payer un prix sans précédent s'il commet une telle stupidité», a déclaré à l'AFP Sami Abou Zouhri, porte-parole du mouvement islamiste. Gaza est une des régions les plus densément peuplées du monde, avec 1,5 million de Palestiniens qui luttent au quotidien contre la pauvreté et la violence.

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