Proche-Orient - La plongée dans le noir s'allongera à Gaza

Des parents pleurent la mort de Mohammed Abou Odah. Le militant du Hamas est tombé samedi dans un raid.
Photo: Agence Reuters Des parents pleurent la mort de Mohammed Abou Odah. Le militant du Hamas est tombé samedi dans un raid.

Gaza — L'électricité dans la bande de Gaza va être coupée jusqu'à huit heures par jour, à la suite des réductions par Israël des fournitures de carburant, a annoncé hier la compagnie chargée de la seule centrale électrique de Gaza.

«Hier nous avons puisé dans nos dernières réserves de fioul, nous faisons face à une nouvelle crise», a déclaré Rafik Maliha, président de la compagnie.

«La quantité de fioul en provenance d'Israël s'élève à peine depuis novembre à 250 000 litres par jour alors qu'il nous en faut 370 000 pour faire fonctionner la centrale à régime normal», a-t-il ajouté.

«Nous sommes en conséquence contraints de réduire notre production d'électricité dans une proportion de 30 à 35 %, ce qui va allonger les coupures d'électricité» dans toute la bande de Gaza, a-t-il ajouté.

Le directeur de la compagnie de distribution électrique dans la bande de Gaza, Suhail Sakik a indiqué pour sa part que ces coupures pourraient durer jusqu'à huit heures par jour.

«Ces coupures vont créer une crise majeure dans les hôpitaux et les services de santé, car les générateurs dont ils disposent ne sont pas prêts pour fonctionner huit heures d'affilée», a-t-il estimé.

L'ONU s'est dite «très préoccupée» en décembre par l'impact des réductions israéliennes de carburant à la bande de Gaza compte tenu de l'impact sur l'ensemble de la population.

Israël a commencé le 28 octobre à réduire l'approvisionnement en carburants au territoire de Gaza, décrété «entité hostile», à la suite de sa prise de contrôle en juin par le mouvement islamiste Hamas et l'intensification des tirs de roquettes contre le sud d'Israël qui l'a suivie.

Intensification

Hier, le premier ministre israélien Ehud Olmert a de surcroît annoncé une intensification des raids de Tsahal dans la bande de Gaza en représailles aux tirs de roquettes palestiniennes sur l'État juif.

En matinée, quatre Palestiniens — une femme, deux civils de 18 et 16 ans et un activiste — ont été tués lors d'une incursion israélienne dans le camp de réfugiés d'Al Boureidj, dans le petit territoire côtier contrôlé depuis la mi-juin par les islamistes du Hamas, a-t-on appris de source médicale palestinienne.

Les combattants palestiniens ont tiré lors des combats une roquette antichar qui a blessé cinq soldats israéliens. Les affrontements ont également fait 34 blessés dans la population palestinienne, dont quatre femmes, sept enfants et 15 combattants.

Le premier ministre de l'Autorité palestinienne, Salam Fayyad, a demandé à Israël de «mettre fin à ses opérations militaires en Cisjordanie et dans la bande de Gaza».

Il y a quelques jours, une roquette est tombée sur un quartier nord de la ville israélienne d'Ashkelon, une cité à 17 kilomètres de la frontière qui n'avait jamais été atteinte jusqu'alors par les tirs venant de Gaza.

Olmert, qui s'exprimait hier lors du conseil des ministres à Jérusalem, a affirmé que cette attaque marquait une «escalade» et qu'en conséquence le ministre de la Défense Ehoud Barak avait ordonné une «intensification des opérations» contre les activistes de la bande de Gaza.

«Nous continuerons à réagir et nos forces lanceront des opérations pour frapper les terroristes partout à Gaza et aussi en Judée-Samarie [Cisjordanie]», a dit Olmert.

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