Diplomatie - La Ligue arabe adopte un plan de sortie de crise au Liban

Le Caire — Les ministres des Affaires étrangères arabes réunis au Caire ont approuvé hier un plan de règlement de la crise libanaise jouissant du soutien de la majorité au pouvoir à Beyrouth et de la Syrie, principale alliée de l'opposition.

Le Liban est privé de chef de l'État depuis l'expiration du mandat du pro-syrien Emile Lahoud, le 23 novembre, et la réunion des députés pour élire un nouveau président a été reportée onze fois depuis le 25 septembre, une nouvelle échéance étant maintenant fixée au 12 janvier.

La majorité pro-occidentale du premier ministre Fouad Siniora et l'opposition pro-syrienne emmenée par le Hezbollah se sont mises d'accord sur le choix d'un candidat de consensus en la personne du chef de l'armée, le général Michel Souleïmane, mais l'opposition veut avoir un droit de veto dans la future équipe dirigeante.

Le plan de la Ligue arabe au Caire entérine le choix de Souleïmane à la tête de l'État, préconisant son élection immédiate par les députés, et lui reconnaît un rôle d'arbitre suprême entre les factions.

Il prévoit en effet la formation rapide d'un gouvernement d'union nationale dont la composition sera telle qu'aucune partie ne pourra imposer ou bloquer une décision. En cas de désaccord «le président de la République aura le dernier mot».

Le chef de la majorité parlementaire libanaise, Saad Hariri, s'est félicité que le plan arabe fournisse «une nouvelle chance pour élire un président consensuel» et comble le vide à la tête de l'État.

«Tous les Libanais doivent considérer les résultats de la réunion du Caire comme un accomplissement dans l'intérêt du Liban. Nous continuons à miser sur l'ouverture d'une nouvelle page», a ajouté le fils de l'ancien premier ministre Rafic Hariri assassiné en février 2005.

Le Hezbollah a demandé des éclaircissements quant au futur gouvernement d'union mais le chef de son groupe parlementaire, Mohamed Raad, a souligné que le mouvement n'avait «pas l'intention de faire de l'obstruction».

En ouvrant le conseil ministériel de la Ligue arabe, le chef de la diplomatie algérienne Mourad Medelci avait souligné que cette «feuille de route» répondait aux préoccupations de toutes les parties et contribuerait à une solution rapide de la crise au Liban.

De fait, de source diplomatique arabe, on précise que la Syrie a donné son accord au plan, bien qu'il ne donne pas explicitement à l'opposition qu'elle soutient le droit de veto qu'elle réclamait sur les décisions du gouvernement.

Mais la Syrie, exemptée de toute critique, a obtenu que Souleïmane, nommé à la tête de l'armée libanaise du temps où elle faisait la pluie et le beau temps au pays des cèdres, soit investi d'un pouvoir fort.

De source libanaise, on attend la visite dans les prochains jours à Beyrouth du secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa en vue de la mise en oeuvre du plan du Caire.

«J'espère que nos frères libanais réfléchiront bien avant de réagir et attendront d'entendre le point de vue arabe lors de la venue du secrétaire général de la Ligue arabe», a déclaré le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid al Moualem.

Outre l'élection de Souleïmane, qui implique un quorum des deux tiers des parlementaires dont aucun des deux camps ne dispose, et la formation d'un gouvernement d'union, le plan arabe prévoit l'adoption d'un nouveau code électoral en vue des prochaines législatives.

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