Neuf Palestiniens tués dans des raids israéliens à Gaza

Gaza — Neuf Palestiniens, dont deux femmes, ont été tués et 48 blessés hier dans de nouveaux raids aériens et bombardements de l'armée israélienne dans la bande de Gaza, selon des sources médicales et des témoins.

La plupart des raids ont été menés dans la localité de Bani Souheila, près de Khan Younès, alors qu'une opération terrestre de l'armée était en cours dans ce secteur du sud de la bande de Gaza.

Deux activistes du Djihad islamique, les frères Ahmad et Sami Fayyad, âgés de 22 ans et 25 ans, ont été tués dans une attaque contre leur maison avec leur mère Karima, 50 ans, et leur soeur Asma, 20 ans, selon les sources médicales.

L'armée a affirmé dans un communiqué que des activistes s'étaient retranchés dans la maison d'où ils ont ouvert le feu et tiré des roquettes anti-char sur la force israélienne. «L'armée a riposté en tirant des obus de char, tuant deux hommes armés et apparemment deux femmes», a affirmé le communiqué en faisant porter aux activistes la mort des femmes «pour avoir délibérément opéré dans un milieu civil».

Deux membres du groupe islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, ont été tués dans d'autres raids aériens et deux corps, dont celui d'un cousin des Fayyad, ont été trouvés sous les décombres de deux maisons détruites dans les attaques aériennes, ont indiqué les sources médicales.

Un membre du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas, a été tué dans une attaque aérienne contre une position du Hamas dans laquelle il était détenu à Rafah, plus au sud, selon des témoins et des sources médicales. Quarante-huit Palestiniens ont été blessés par les tirs israéliens, selon les sources médicales.

Les derniers décès portent à 6030 le nombre de personnes tuées dans les violences israélo-palestiniennes depuis 2000, en grande majorité des Palestiniens, selon un bilan établi par l'AFP. À Gaza-ville, un raid aérien a visé la maison familiale d'un activiste du Djihad islamique tué le mois dernier, ont indiqué des témoins sans faire état de victimes.

La veille, sept Palestiniens ont été tués dans des raids aériens et bombardements israéliens à Gaza.

En outre, une roquette de type Grad de calibre 122 mm tirée depuis Gaza s'est abattue sans faire de blessés aux abords d'Ashkelon, dans le sud d'Israël, selon l'armée. Ce tir a été revendiqué à Gaza par le Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG), un groupe palestinien prosyrien dont le chef, Ahmed Jibril, est basé à Damas.

Selon l'armée, 25 roquettes ont été tirées hier en direction du territoire israélien depuis la bande de Gaza. Il n'y a pas eu de victimes. «Israël ne peut rester les bras croisés alors que près d'un quart de million de ses citoyens vivent sous la menace d'attaques terroristes à la roquette», a réagi le porte-parole du premier ministre israélien Éhoud Olmert, Marc Regev.

En Cisjordanie, quelque 70 jeeps de l'armée israélienne ont pénétré à Naplouse où les soldats ont effectué des perquisitions dans des maisons et occupé les toits de plusieurs bâtiments, selon des sources de sécurité.

Ils ont tiré des balles caoutchoutées sur des écoliers palestiniens qui leur lançaient des pierres, en blessant une vingtaine, selon des sources médicales. Trois activistes présumés du Fatah ont été arrêtés. Selon l'armée, les soldats ont tiré et touché des hommes armés qui ont ouvert le feu sur eux. Cette opération est la plus importante depuis la mise en oeuvre en novembre 2007 à Naplouse d'un ambitieux plan de l'Autorité palestinienne destiné à mettre fin au chaos sécuritaire.

Le porte-parole de la présidence palestinienne Nabil Abou Roudeina a condamné «l'escalade» israélienne. «Ces actes sapent le processus de paix et érodent la confiance des deux parties», a-t-il déclaré à l'AFP. Israël et les Palestiniens ont repris les négociations de paix en novembre après sept ans d'impasse.

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