Iran: el-Baradeï se dit en faveur d'une solution négociée

Vienne — Le directeur général de l'AIEA, Mohamed el-Baradeï, reste favorable à une solution négociée avec Téhéran au lendemain de la publication de son rapport accablant l'Iran sur son programme nucléaire, alors que les appels à renforcer les sanctions internationales se multiplient.

Lors d'une rencontre avec des journalistes, M. el-Baradeï a affirmé hier qu'il existait toujours pour les Iraniens une «fenêtre d'opportunité» pour négocier sur la crise nucléaire.

Le rapport de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), commandé en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU, a constaté que, loin d'avoir suspendu ses activités d'enrichissement d'uranium, l'Iran les avait au contraire augmentées.

M. el-Baradeï a réitéré sa proposition récente que l'ONU lève ses sanctions contre l'Iran si Téhéran accepte simultanément de suspendre ses activités d'enrichissement.

Après la publication jeudi du rapport de l'AIEA, plusieurs pays ont appelé à un renforcement des sanctions internationales contre Téhéran. La résolution adoptée en décembre par le Conseil de sécurité de l'ONU donnait jusqu'au 23 février à l'Iran pour geler ses activités d'enrichissement.

Dès jeudi soir, Washington, Londres et Paris se sont prononcés pour l'adoption de sanctions supplémentaires contre Téhéran, alors que les grands partenaires commerciaux de l'Iran ont toujours été réticents à la mise en place de sanctions économiques.

Téhéran reste ferme

Berlin a estimé nécessaire de poursuivre les négociations, tandis que Moscou et Pékin se sont abstenus de tout commentaire.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui a brièvement rencontré M. el-Baradeï hier à Vienne, a appelé «le gouvernement et les autorités iraniens à tenter de convaincre véritablement [la communauté internationale] qu'ils veulent utiliser l'énergie nucléaire à des fins pacifiques».

À Téhéran, tous ces appels sont restés lettre morte. Le président Mahmoud Ahmadinejad a réaffirmé que l'Iran défendrait son droit jusqu'au bout. «Le grand peuple iranien résiste aux oppresseurs et ne reculera pas d'un iota», a-t-il lancé lors d'un discours en province hier.

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