Abbas et Haniyeh en Arabie saoudite - Les négociations interpalestiniennes débutent aujourd'hui

Mahmoud Abbas a rencontré hier le roi Abdallah.
Photo: Agence Reuters Mahmoud Abbas a rencontré hier le roi Abdallah.

Les pourparlers de réconciliation entre les Palestiniens du Fatah et du Hamas, organisés sous l'égide de l'Arabie saoudite, débuteront finalement ce matin, aux abords de la grande mosquée de La Mecque, a-t-on appris de source autorisée.

D'autre part, le premier ministre israélien, Éhoud Olmert, a annoncé qu'une rencontre trilatérale se tiendrait le 19 février, dans un endroit tenu secret pour le moment, en présence du président palestinien, Mahmoud Abbas, et de la secrétaire d'État américaine, Condoleezza Rice.

Les nationalistes modérés du Fatah et les islamistes radicaux du Hamas, dont les affrontements ont fait quelque 80 morts depuis décembre, cherchent à conclure une trêve durable et à mettre sur pied un gouvernement d'union nationale acceptable pour l'Occident.

Tous les efforts déployés précédemment par le Hamas et le Fatah pour former un gouvernement d'union ont échoué et Abbas a menacé de déclencher des élections anticipées pour sortir de l'impasse. Le Hamas estime qu'un recours aux urnes un an seulement après sa victoire aux législatives équivaudrait à un coup de force et il insiste sur la nécessité de poursuivre les efforts pour constituer un cabinet d'unité.

Selon Faouzi Barhoum, porte-parole du Hamas, ces négociations seraient placées sous de meilleurs auspices que toutes les précédentes, car les deux parties «ont cette fois la volonté et viennent sans conditions préalables ni échéances».

Avant l'ouverture de ces pourparlers, dont il est à l'origine, le roi de l'Arabie saoudite, Abdallah, a reçu hier le président palestinien, Mahmoud Abbas. Il s'est ensuite entretenu avec le chef du bureau politique du Hamas en exil à Damas, Khaled Mechaal, accompagné du premier ministre palestinien, Ismaïl Hanyeh, également membre du mouvement islamiste.

Le souverain wahhabite a exprimé l'espoir que les trois hommes répondraient aux «aspirations du peuple palestinien».

«Ils ne quitteront pas les lieux saints sans accord, car les choses sont catastrophiques sur le terrain, et le monde entier nous tournera le dos si nous continuons sur cette voie», a estimé l'ambassadeur de Palestine en Arabie saoudite, Djamel al-Chobaki.

«Si nous ne parvenons pas à un accord en ces lieux saints, nous n'y parviendrons nulle part ailleurs», a renchéri un membre du gouvernement palestinien, dominé par le Hamas.

«Nous exhortons nos frère d'Arabie saoudite à intervenir pour combler le fossé afin d'aboutir à un accord», a déclaré pour sa part Nabil Amr, conseiller d'Abbas.

Israël et les Occidentaux déconseillent à Abbas d'accepter la formation d'un gouvernement d'union qui ne reconnaîtrait pas explicitement l'État juif comme interlocuteur, alors que le mouvement islamiste s'y est refusé obstinément jusqu'à présent.

Pour Azzam al-Ahmed, autre proche collaborateur d'Abbas, il s'agit d'amener le Hamas à accepter la plate-forme de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dont il ne fait pas partie. L'OLP et Israël se sont reconnus mutuellement en 1993 lors des accords d'Oslo. «Je suis sûr que, lorsque le Hamas honorera les accords conclus par l'OLP, le Quartet ne lui demandera plus de reconnaître Israël», explique Azzam al-Ahmed.

Composé des États-Unis, de la Russie, de l'Union européenne et de l'ONU, le Quartet exige du Hamas qu'il renonce à la violence, endosse les accords conclus entre l'OLP et Israël et reconnaisse le droit à l'existence de l'État juif.