Intervenir contre l'Iran aurait des conséquences «désastreuses»

Londres — Une intervention militaire contre l'Iran aurait des conséquences «désastreuses» pour la région, soulignent trois anciens hauts responsables militaires américains dans une tribune au Sunday Times, l'édition dominicale du quotidien londonien The Times.

«En tant qu'anciens chefs militaires américains, nous mettons fortement en garde contre l'usage de la force militaire contre l'Iran», écrivent le général Robert Gard, ancien secrétaire adjoint à la Défense, le général Joseph Hoar, ex-chef du Commandement central américain et le vice-amiral Jack Shanahan, ancien directeur du Centre pour l'information sur la défense.

«Une attaque contre l'Iran aurait des conséquences désastreuses pour la sécurité dans la région, les forces de la coalition et accroîtrait encore les tensions régionales et mondiales», ajoutent-ils en soulignant que la crise actuelle autour du nucléaire iranien «doit être résolue par l'intermédiaire de la diplomatie».

Une «stratégie d'engagement diplomatique avec l'Iran servirait les intérêts des États-Unis et de la Grande-Bretagne», font-ils valoir, avec des perspectives d'amélioration de la «sécurité régionale et internationale».

Dans ce cadre, estiment-ils, le gouvernement britannique «a un rôle vital à jouer», oeuvrer en faveur d'initiatives diplomatiques et «faire savoir clairement qu'il s'opposera à tout recours à la force militaire».

L'administration Bush, soulignent-ils, «devrait engager immédiatement des pourparlers directs avec le gouvernement iranien sans conditions préalables». «Il reste du temps pour parler, nous devons nous assurer de l'utiliser», concluent-ils.

Les États-Unis, qui soupçonnent Téhéran de tenter de se doter de l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil, ont refusé d'exclure l'hypothèse d'une intervention militaire. Le Conseil de sécurité des Nations unies, qui a imposé des sanctions contre l'Iran, menace de les renforcer si le régime du président Mahmoud Ahmadinejad ne suspend pas ses activités d'enrichissement de l'uranium.

Interrogé vendredi au sujet de l'envoi d'un deuxième porte-avions dans le golfe Arabo-Persique, le ministre américain de la Défense Robert Gates a assuré que les États-Unis ne préparent «pas de guerre contre l'Iran».

Le gouvernement britannique, interrogé sur la tribune publiée par le Sunday Times, a réaffirmé la position «claire» de Londres. «Nous estimons que nous devons poursuivre sur la voie fixée par les Nations unies. L'Iran doit répondre aux exigences de la communauté internationale et de l'Agence internationale de l'énergie atomique», selon un porte-parole des services du premier ministre Tony Blair.