Le président iranien en quête d'alliés anti-américains

Des supporters du président Ortega ont rendu hommage au président iranien hier.
Photo: Agence Reuters Des supporters du président Ortega ont rendu hommage au président iranien hier.

Managua — Après le Venezuela, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a poursuivi hier au Nicaragua une tournée régionale en quête d'alliés anti-américains par une visite au nouveau chef de l'État Daniel Ortega, un ex-guérillero marxiste.

À l'issue d'un entretien, M. Ahmadinejad a promis une importante aide économique au dirigeant sandiniste du petit pays d'Amérique centrale, l'un des plus pauvres du continent. «Les deux peuples ont des intérêts communs, des ennemis communs et des défis communs», a déclaré le président iranien qui s'est engagé à satisfaire «tous les souhaits» du Nicaragua en matière de développement.

«Nous devons être l'un au côté de l'autre et nous aider mutuellement», a ajouté le président iranien, désireux de rompre son isolement diplomatique face à l'hostilité des États-Unis.

Le président du Nicaragua, qui fut l'adversaire acharné de Washington à l'époque de la Guerre froide, a assuré que la venue de la délégation iranienne n'était pas une «simple visite protocolaire».

M. Ortega, qui partage avec M. Ahmadinejad des liens très amicaux avec le tonitruant président anti-américain du Venezuela Hugo Chávez, s'est réjoui de l'aide apportée par l'Iran dans la «grande bataille pour éliminer la pauvreté de [son] peuple».

Les deux pays, qui ont annoncé auparavant l'ouverture d'ambassades respectives, doivent conclure divers accords de coopération économiques à l'occasion de cette visite.

Investi mercredi, le dirigeant du Front sandiniste de libération nationale (FSLN), dont le premier mandat s'était soldé par de nombreuses confiscations et nationalisations entre 1979 à 1990, s'est déjà rapproché du régime vénézuélien. Caracas a garanti au Nicaragua un approvisionnement en pétrole bon marché. Un geste qui pourrait inspirer l'Iran, autre grand producteur de brut.

Élu pour cinq ans, M. Ortega a rejoint Cuba et la Bolivie au sein de l'Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA), le bloc économique lancé par Chávez. Toutefois, l'ancien guérillero marxiste a promis de ne pas remettre en cause la propriété privée et le traité de libre-échange avec Washington, prônant le dialogue avec la Maison-Blanche.

De son côté, le président iranien, dans un contexte de crise avec les États-Unis, tente de rallier des soutiens auprès des dirigeants latino-américains alliés à Chávez, principal soutien du programme nucléaire du régime islamique. Lors de son déplacement au Venezuela samedi, le second en cinq mois, il a souligné que Caracas et Téhéran avaient pour tâche de «promouvoir la pensée révolutionnaire dans le monde».

Son périple se poursuivra aujourd'hui en Équateur pour l'investiture de Rafael Correa Le président iranien retrouvera M. Chávez et rencontrera le président socialiste bolivien Evo Morales, champion de la cause indigène et auteur d'une nationalisation des hydrocarbures.