Possible désaveu du camp du président Ahmadinejad

Un ecclésiastique montre son doigt taché d’encre au sortir d’un bureau de vote de Qom.
Photo: Agence Reuters Un ecclésiastique montre son doigt taché d’encre au sortir d’un bureau de vote de Qom.

Téhéran — Les alliés de Mahmoud Ahmadinejad ne sont pas parvenus à s'imposer dans les élections pour les conseils municipaux et l'Assemblée des experts, selon des résultats partiels publiés hier et traduisant peut-être un premier revers électoral pour le président iranien.

Les élections de vendredi, premier test de popularité du gouvernement depuis l'arrivée au pouvoir d'Ahmadinejad en 2005, n'auront pas d'impact direct sur la politique de Téhéran. Mais la participation, de l'ordre de 60 %, et l'association d'Ahmadinejad avec certains des candidats, notamment à Téhéran, pourraient présager d'un retour en grâce des modérés et d'un relatif désamour pour la ligne ultraconservatrice du président.

«Les résultats montrent que les électeurs ont tiré les leçons du passé et ont conclu que nous devions soutenir [...] des modérés», écrit le quotidien Kargozaran dans un éditorial.

Ce journal est proche de l'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani, un religieux modéré qui, selon les médias officiels, serait en tête à Téhéran pour l'élection de l'Assemblée des experts. Rafsanjani a été battu par Ahmadinejad lors de la présidentielle de 2005.

Sur la même liste, l'ayatollah Mohammad Taqi Mesbah-Yazdi recueille moins de voix mais suffisamment pour remporter un siège. Ce religieux ultraconservateur prône l'isolement culturel à l'égard de l'Occident et est considéré comme le mentor spirituel d'Ahmadinejad.

Deux candidats présentés par des religieux comme des alliés de Mesbah-Yazdi sont d'ores et déjà hors course à Téhéran, selon l'agence de presse officielle IRNA. Trois autres partisans de l'ayatollah ont perdu dans d'autres régions, mais un quatrième a remporté un siège. «C'est un revers pour Ahmadinejad et la liste de Mesbah-Yazdi», estime un politologue qui a demandé l'anonymat.

L'Assemblée des experts a plus de pouvoir que le président ou le parlement parce qu'elle est placée au-dessus du Guide suprême.

Le principal enjeu vendredi était le conseil municipal de Téhéran, où les partisans d'Ahmadinejad — ancien maire de la ville où il a bâti sa popularité — étaient opposés à ceux d'un conservateur plus modéré, l'actuel maire de la capitale, Mohammad Baqer Qalibaf.

Les résultats définitifs pour Téhéran ne sont pas attendus avant demain, mais selon les résultats partiels annoncés par les agences de presse iraniennes, le groupe emmené par Qalibaf remporterait au moins 9 des 15 sièges en jeu.