Riyad soutiendrait les sunnites irakiens en cas de retrait des Américains

Washington — L'Arabie Saoudite a averti fin novembre les États-Unis qu'elle soutiendrait financièrement les sunnites irakiens si les Américains retiraient leurs troupes de ce pays, rapportait hier le New York Times.

Le roi Abdallah d'Arabie Saoudite en a informé le vice-président américain Dick Cheney lors de sa visite à Riyad il y a deux semaines, affirment des diplomates arabes et américains ayant requis l'anonymat, cités par le quotidien.

«C'est une situation hypothétique et nous travaillons dur pour l'éviter», mais «si les choses tournent mal en Irak, comme un nettoyage ethnique, nous pensons que nous serons impliqués dans la guerre», a averti un diplomate arabe basé à Washington.

Riyad s'inquiète d'un possible retrait américain d'Irak, auquel les dirigeants du royaume sont opposés, affirment des diplomates américains au Times.

L'administration américaine cherche à mettre en place une coalition de pays arabes sunnites avec un gouvernement chiite modéré en Irak, soutenue par les États-Unis et l'Europe, pour contrer «l'Iran, la Syrie et les terroristes», a ajouté un haut responsable américain, cité par le quotidien.

Intégrité territoriale de l'Irak

Le porte-parole du département d'État, Sean McCormack, a démenti ces informations, assurant que la politique de l'Arabie Saoudite n'avait pas changé.

«Ils croient en l'intégrité territoriale de l'Irak. Ils croient en un Irak pour tous les Irakiens et ils soutiennent les efforts de réconciliation nationale», a assuré M. McCormack.

«C'était leur position et cela reste leur position. Ils pensent que c'est dans leur intérêt national, a ajouté le porte-parole. C'est ce qu'ils nous ont dit en privé et c'est ce qu'ils ont dit [...] en public aussi.»

Les Saoudiens sont cependant «très inquiets [...] des ingérences iraniennes dans les affaires internes irakiennes, de leur soutien à certaines milices et de leur influence sur celles-ci», a-t-il poursuivi.

Cette information survient après la démission soudaine mardi de l'ambassadeur saoudien à Washington, le prince Turki al-Faiçal, seulement 15 mois après sa prise de fonction, et qui a surpris l'ensemble du monde diplomatique.

Un changement de stratégie américain en Irak devrait être annoncé sous peu par le président George W. Bush après la publication du Groupe d'étude sur l'Irak.

Récemment, une tribune parue dans le Washington Post par le conseiller de l'ambassadeur sur la sécurité, Nawaf Obaid, avait surpris en annonçant une intervention saoudienne en Irak pour «stopper les massacres de sunnites par les milices chiites soutenues par l'Iran» dans l'éventualité d'un retrait des troupes américaines. Riyad avait immédiatement démenti et désavoué son conseiller.

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