Téhéran songe à revoir sa coopération avec l'AIEA

Moscou — Le négociateur en chef du nucléaire iranien Ali Larijani a menacé hier à Moscou de revoir sa coopération avec l'AIEA si le Conseil de sécurité de l'ONU adopte en l'état le projet de résolution soumis par les Européens, qui prévoit des sanctions économiques contre Téhéran.

«Nous réexaminerons nos relations avec l'AIEA [Agence internationale de l'énergie atomique] si l'ONU adopte la résolution de la troïka européenne sans prendre en compte les amendements présentés par la Russie», a déclaré M. Larijani, cité par l'agence Interfax.

Le haut responsable iranien faisait référence au projet de résolution soumis par les Européens au Conseil de sécurité de l'ONU et encore discuté jeudi à New York.

Les six grandes puissances (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité, soit les États-Unis, la Russie, la Chine, la Grande-Bretagne et la France, plus

l'Allemagne) achoppent toujours sur ce texte qui prévoit des sanctions économiques et commerciales contre l'Iran pour son refus de suspendre l'enrichissement d'uranium.

La Russie veut apporter des amendements visant à supprimer, entre autres, toute mention des sanctions individuelles envisagées (interdiction de voyager et gel des avoirs financiers à l'étranger) contre les Iraniens associés aux activités nucléaires.

Arrivé dans la matinée à Moscou pour des «négociations» visant à «trouver une solution» à la crise iranienne, M. Larijani a rencontré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, puis son homologue du Conseil russe de sécurité, Igor Ivanov. Selon une source diplomatique iranienne, M. Larijani devait rencontrer aujourd'hui le président Vladimir Poutine.

Moscou avance depuis des mois une proposition visant à concilier les ambitions énergétiques iraniennes et les préoccupations occidentales en créant une société commune russo-iranienne qui pourrait enrichir de l'uranium iranien sur le territoire russe.

Le négociateur en chef iranien a martelé que son pays était prêt à trouver une issue à la crise dans le cadre de négociations avec les Six.

M. Lavrov a aussi répété le credo russe pour une poursuite des «négociations».