Les Israéliens plaident l'erreur à Gaza

Jérusalem — Les Israéliens ont parlé hier «d'erreur technique» et d'accident après les tirs d'artillerie qui ont tué 18 civils la veille à Beït Hanoun, dans la bande de Gaza, mais les Palestiniens ont refusé leurs excuses et dénoncé un «terrorisme d'État».

«Il s'est agi d'une erreur technique de notre artillerie. Je l'ai vérifié et revérifié», a dit le premier ministre israélien Éhoud Olmert à la télévision. «Ce n'est pas notre politique» de faire des choses pareilles, a-t-il souligné.

La tuerie de Beït Hanoun a été vivement condamnée dans tout le monde arabe. Peu après les tirs, qui ont notamment tué des femmes et des enfants, le chef du gouvernement israélien avait présenté ses excuses.

L'observateur palestinien aux Nations unies a accusé hier Israël de «terrorisme d'État» et rejeté les excuses «hypocrites» de l'État hébreu. «C'est du terrorisme, du terrorisme d'État», a dit Ryad Mansour lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité des Nations unies. «Ce sont des crimes de guerre dont les responsables devraient rendre compte devant la justice internationale», a-t-il ajouté.

L'ambassadeur d'Israël à l'ONU, Daniel Carmon, a pour sa part affirmé que le bombardement sur Beït Hanoun avait été accidentel et que son pays, «profondément peiné», faisait tout son possible pour que de telles choses ne se reproduisent pas.

Le ministre israélien de la Défense, Amir Peretz, a ordonné la suspension des tirs d'artillerie sur la bande de Gaza dans l'attente des résultats de l'enquête menée par un général.

Hier, après avoir pris connaissance de ce rapport d'enquête, Peretz a annoncé dans un communiqué que les tirs d'artillerie sur la bande de Gaza seraient ordonnés uniquement par le général commandant en chef de la zone Sud ou par des échelons supérieurs.

Le communiqué ne donne pas les conclusions de l'enquête mais précise que les «distances de sécurité» en ce qui concerne les bombardements d'artillerie seraient réexaminées.