Les mots manquent pour décrire le carnage

Des gens portent secours à des personnes blessées lors d’un des quatre attentats.
Photo: Agence Reuters Des gens portent secours à des personnes blessées lors d’un des quatre attentats.

Londres — Une femme empalée vivante dans une voiture de métro, des passagers hagards qui ramassent des morceaux de corps: «Il n'y a pas de mots pour décrire ce qui s'est passé», raconte, encore ébranlé, Steve Nichols, aumônier du métro londonien.

Dès qu'il a été mis au courant des attentats, Steve s'est joint aux nombreux employés de secours mobilisés pour évacuer les personnes blessées dans les quatre attentats coordonnés qui ont frappé Londres hier à l'heure de pointe.

«Une pauvre femme était empalée sur un des montants dans le train et elle était encore en vie. Les gens ramassaient des morceaux de corps. C'était macabre», ajoute-t-il dans l'église Saint Botolph, où certains des blessés du premier train touché par les attentats, à Liverpool Street, au coeur de la City, ont d'abord été transportés.

Terry O'Shea, 42 ans, ouvrier du bâtiment à Worcester, était dans le wagon derrière celui qui a explosé, entre Liverpool Street et Aldgate, à 8h51. «Il y a eu un bruit énorme et nous avons senti le train vibrer, raconte-t-il en larmes. La fumée a commencé à envahir le compartiment. C'était terrible.»

«Les gens paniquaient, mais ils se sont calmés après deux ou trois minutes, ajoute-t-il. Quand ils nous ont conduits sur la voie derrière la voiture qui avait explosé, on pouvait voir le toit arraché, et il y avait des corps sur la voie.»

Loyita Worley, 49 ans, était également près du wagon qui a explosé. «Il y a eu un gros bang, et après la poussière, rapporte-t-elle. Je ne pouvais plus respirer. Je tombais sur tout le monde. Les gens étaient tétanisés. On pouvait voir une petite flamme et tout le monde était terrifié à l'idée que le feu prenne.»

«Certaines personnes commençaient à paniquer, mais la plupart étaient calmes, précise-t-elle. Nous avons essayé d'ouvrir les portes, mais elles étaient fermées solidement, et il y avait de la poussière partout.»

Elle a vu des blessés s'éloigner en marchant peu après l'explosion: «Ils étaient tous livides, perdaient leur sang.»

Jack Linton, 14 ans, d'Hawkwell (Essex), a été blessé au visage. «Tout le monde était par terre, se rappelle-t-il. Finalement, la fumée s'est dissipée et nous avons réussi à ouvrir les portes centrales du wagon pour aller vers l'arrière et rejoindre la station en marchant le long de la voie.»

«Le milieu du train était éventré et il y avait des gens sur la voie. J'ai eu des éclats de verre dans les cheveux, dans mes poches, et j'ai mal aux oreilles.»

Michael Henning, 39 ans, un courtier de Kensington, voyageait vers la Tour de Londres pour une réunion et a failli entrer dans le wagon où la bombe a explosé. «Mais ça m'a semblé rempli et je suis allé dans le suivant, explique-t-il. J'ai vu comme de l'argent voler dans l'air, c'était du verre, puis un éclair jaune.»

«Il faisait très noir, les gens paniquaient et criaient, ajoute-t-il. Les filles étaient les plus calmes. Elles ont très vite retrouvé leur calme. J'ai été blessé au visage avec le verre et j'ai un oeil éraflé, mais, au fond, je me sens très chanceux.»