La France a un nouveau premier ministre - Charest connaît peu Villepin

Québec — Il est trop tôt pour dire si le changement de premier ministre en France aura un impact sur les relations entre le Québec et l'Hexagone.

Selon la tradition des visites annuelles alternées, c'est au tour du nouveau premier ministre français, Dominique de Villepin, nommé hier, de venir au Québec cette année.

Aucune date n'avait cependant été fixée avec son prédécesseur, Jean-Pierre Raffarin, qui a dû démissionner de ses fonctions lundi à la suite du référendum de dimanche sur la Constitution de l'Union européenne.

Le premier ministre Jean Charest et M. Raffarin s'étaient rencontrés à plusieurs reprises et entretenaient de très bonnes relations. Ils avaient même convenu l'an passé de mener des missions économiques conjointes France-Québec à l'étranger.

La première a eu lieu en novembre dernier à Mexico alors que la suivante est prévue en 2006 en Europe de l'Est, vraisemblablement en Pologne. Il est trop tôt pour dire si M. de Villepin donnera suite à ce projet.

MM. Charest et de Villepin ne se sont rencontrés qu'une seule fois, brièvement, dans un salon de l'aéroport de Paris, au début de 2003.

Encore chef de l'opposition, M. Charest s'était entretenu avec M. de Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, pendant quelques minutes, peu après son discours fort remarqué contre la participation de la France à la guerre en Irak, prononcé devant les Nations unies.

Le gouvernement Charest espère que le nouveau gouvernement français maintiendra la même orientation que le précédent en ce qui a trait aux relations France-Québec, a indiqué une source au cabinet du premier ministre.

La nomination de M. de Villepin par le président Jacques Chirac a été perçue par bien des observateurs comme le choix de la continuité.

Le Québec n'est pas une contrée étrangère pour M. de Villepin, qui est diplomate de carrière et n'a jamais été élu député. Il est déjà venu au Québec et on lui reconnaît une bonne compréhension de la politique québécoise et des relations France-Québec.

Ancien ministre des Affaires étrangères, il a eu plusieurs rencontres avec l'ancienne ministre péquiste des Relations internationales, Louise Beaudoin, et l'actuelle ministre, Monique Gagnon-Tremblay.

Le premier ministre Charest s'était rendu en France en mai 2004.

Louise Beaudoin est rassurée

L'ex-ministre québécoise Louise Beaudoin juge que l'arrivée de Dominique de Villepin à la tête du gouvernement français est «rassurante pour l'avenir des relations franco-québécoises».

Ministre des Relations internationales, Mme Beaudoin avait été reçue au Quai d'Orsay en juillet 2002 par M. Villepin, alors ministre des Affaires étrangères. Elle avait été «étonnée et impressionnée» par sa connaissance du Québec.

«Je m'étais préparée à lui faire un exposé détaillé sur la relation franco-québécoise, se souvenait Mme Beaudoin hier soir. Mais au bout de trois minutes, il m'a interrompue en m'expliquant qu'il était gaulliste et que cette relation était pour lui importante et fondamentale. À ma connaissance, il n'était jamais venu au Québec, mais il nous était spontanément sympathique.»

Passé à l'enseignement et au mouvement altermondialiste, Louise Beaudoin vient de terminer une série de cours sur la «mondialisation et la Francophonie» à l'Université de Lyon. Elle rentre à Montréal aujourd'hui.