Traité constitutionnel européen - Villepin appelle le camp du «oui» à se mobiliser

Paris — Dominique de Villepin a appelé hier les partisans du «oui» à la Constitution européenne à cesser «l'école buissonnière» et a estimé qu'une politique «plus volontaire» devrait être menée en France après le référendum du 29 mai.

«Il y a encore dans les partisans du "oui" beaucoup d'école buissonnière, beaucoup de détours. Beaucoup folâtrent alors qu'il faudrait se concentrer sur l'essentiel [...] Notre problème, c'est d'avancer tous ensemble, nous ne sommes pas suffisamment concentrés», a déclaré le ministre UMP de l'Intérieur sur Europe 1.

Se disant «généreux» dans ses critiques, ce proche de Jacques Chirac a surtout semblé viser le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, à l'ambition présidentielle affichée, et le président de l'UDF, François Bayrou, soucieux de maintenir son indépendance.

«Il y a plusieurs combats qui semblent être menés à partir de cette campagne», a dit Dominique de Villepin. «Ne confondons pas 2007 avec le référendum, ne confondons pas l'avenir de tel ou tel parti avec le référendum, nous parlons de l'avenir de la France et j'aimerais que l'ensemble de ceux qui aujourd'hui se battent pour le "oui" comprennent de quoi il s'agit».

Le ministre de l'Intérieur, donné comme un possible successeur de Jean-Pierre Raffarin à Matignon, a estimé qu'il faudrait tirer «l'ensemble des leçons et des conséquences» de la montée du mécontentement, qui se traduit aujourd'hui par la domination du «non» dans les sondages, pour aller «plus loin, plus haut et plus fort».

«Quel que soit le résultat du référendum, que les Français votent oui ou qu'ils votent non, il faudra une politique encore plus volontaire, encore plus audacieuse, encore plus solidaire, ça me paraît être une vérité d'évidence», a-t-il dit.

Dominique de Villepin a assuré que le «oui» à la Constitution européenne avait «une grande chance de l'emporter» et qu'une victoire du «non» «casserait l'élan européen».

Pour lui, «la campagne a démarré avec l'émission du président de la République», jeudi soir sur TF1. Et Jacques Chirac, qui est «généreux de son tempérament, de sa personne, de ses idées», sera «à tous les rendez-vous de ce référendum parce que l'enjeu est essentiel pour notre nation», a souligné le ministre de l'Intérieur.