Berlusconi doit faire face à une fronde de la part de ses alliés

Rome — Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a été sommé hier par plusieurs de ses alliés de mener une autre politique après la débâcle des élections régionales, début avril, et les centristes l'ont menacé de quitter la majorité.

L'Alliance nationale, le parti conservateur dirigé par Gianfranco Fini, a exigé un nouveau programme de gouvernement et a mis en demeure M. Berlusconi de demander un vote de confiance au Parlement la semaine prochaine. Les démocrates-chrétiens de l'UDC exigent pour leur part un profond remaniement et ont appuyé leur exigence d'une menace de retrait du gouvernement.

«Pour le moment, notre option est un appui extérieur et le retrait des ministres», a indiqué hier un responsable de l'UDC sous couvert de l'anonymat. «Les décisions seront prises demain [aujourd'hui]» au cours d'une réunion de la direction du parti, a précisé la même source. Interrogé par l'AFP sur l'existence éventuelle d'une seconde option, le responsable a dit: «Non, c'est la seule que nous ayons pour le moment.»

Courte majorité

L'UDC compte quatre membres au sein du gouvernement: le vice-premier ministre Marco Follini, le ministre aux Affaires européennes Rocco Buttiglione, celui à la Fonction publique, Mario Baccini, et celui aux relations avec le Parlement, Carlo Giovanardi. Il dispose de 40 députés et 29 sénateurs, et sa sortie de la coalition laisserait M. Berlusconi avec une courte majorité.

Les quatre partis de la coalition de M. Berlusconi s'entredéchirent depuis l'échec aux régionales des 3 et 4 avril. Ils divergent aussi bien dans l'analyse des causes de cet échec que dans celui de ses conséquences. Au cours de ce scrutin, ils ont perdu six des huit régions qu'ils dirigeaient et l'opposition de centre-gauche a également remporté une majorité de voix au niveau national, environ 52 % contre quelque 45 % au centre-droit.

M. Berlusconi avait réuni jeudi pendant quatre heures les dirigeants des partis de sa coalition pour tenter de trouver une issue à la crise.

«J'ai demandé à M. Berlusconi d'aller au Parlement la semaine prochaine, de dire concrètement ce qu'il veut faire l'année prochaine pour le Sud, pour protéger les revenus des familles, pour favoriser la compétitivité des entreprises [...], de demander un vote de confiance de sa majorité», a indiqué hier le vice-premier ministre Gianfranco Fini dans un communiqué de son parti, Alliance Nationale (AN, droite conservatrice).

Selon des indiscrétions ayant filtré à l'issue de la réunion des dirigeants du centre-droit, M. Berlusconi serait prêt à faire ce geste.

L'UDC est le parti le plus critique envers M. Berlusconi et pense que par «honnêteté» envers le pays, la solution la plus juste serait des élections anticipées. À défaut, il réclame un nouveau gouvernement, un Berlusconi bis, ainsi qu'un nouveau programme, ce que le chef du gouvernement n'est pas disposé à leur offrir.