Adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'UE - Le Parlement européen donne le feu vert

Strasbourg — Le Parlement européen a donné hier son accord à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'UE, dégageant la voie à la signature du traité d'adhésion le 25 avril, après avoir obtenu l'assurance d'avoir son mot à dire jusqu'au bout du processus conduisant à l'entrée des deux pays dans l'Union en 2007.

Dans le cas de la Bulgarie, les eurodéputés se sont prononcés pour l'adhésion à 522 voix pour, 70 contre et 69 abstentions. Pour la Roumanie, les élus ont voté à 497 voix pour, 93 contre et 71 abstentions. La Bulgarie et la Roumanie espèrent rejoindre l'UE au 1er janvier 2007. Les deux pays se sont immédiatement félicités de la décision du Parlement européen.

«Le vote du Parlement prouve qu'il n'y a plus aucun doute sur la volonté politique des pays membres de l'Union d'accueillir la Roumanie au sein de l'UE», a déclaré le président roumain Traian Basescu devant la presse, à Bucarest. Le président du Parlement bulgare, Borislav Velikov, s'est pour sa part déclaré «convaincu que la Bulgarie sera membre de l'UE au 1er janvier 2007».

Pour donner leur accord, les eurodéputés avaient réclamé que le PE soit associé au processus d'adhésion jusqu'au dernier moment, ce que la Commission européenne et la présidence de l'UE ont promis dans des lettres au président du Parlement, Josep Borrell.

Le commissaire européen à l'Élargissement, Olli Rehn, avait lui-même assuré mardi aux élus que la Commission tiendrait compte de leur avis si elle envisageait de recourir à la clause permettant de repousser l'adhésion d'un an, jusqu'en 2008, si l'un ou l'autre des deux pays n'était pas prêt à temps.

«Le 25 avril ne représente pas la fin du chemin», a averti l'Allemand Elmar Brok, président de la commission des Affaires étrangères du Parlement européen, lors d'une conférence de presse à l'issue des votes. «Il n'y a aucune raison de se reposer», a-t-il ajouté, désignant du doigt notamment les efforts encore à accomplir par la Bulgarie en matière de «procédure pénale» et par la Roumanie sur les problèmes de «corruption».

«Ce n'est pas un chèque en blanc qui a été signé aujourd'hui», a renchéri le Français Pierre Moscovici, rapporteur pour la Roumanie au PE, insistant toutefois sur «le signe d'amitié et de confiance» envoyé hier par les eurodéputés.