Incendie dans un réservoir de pétrole en Crimée après une attaque de drone

Sur cette photo tirée d’une vidéo publiée samedi par le gouverneur de Sébastopol, Mikhail Razvozhaev, de la fumée et des flammes s’élèvent d’un réservoir de carburant en feu à Sébastopol, en Crimée. Un incendie massif a éclaté après que le réservoir a été touché par un drone, a rapporté un responsable russe.
Photo tirée du compte Telegram @razvozhaev via Agence France-Presse Sur cette photo tirée d’une vidéo publiée samedi par le gouverneur de Sébastopol, Mikhail Razvozhaev, de la fumée et des flammes s’élèvent d’un réservoir de carburant en feu à Sébastopol, en Crimée. Un incendie massif a éclaté après que le réservoir a été touché par un drone, a rapporté un responsable russe.

Une attaque de drones a provoqué samedi un gigantesque incendie dans un dépôt de pétrole en Crimée annexée par Moscou et des villes occupées ont été bombardées, au lendemain de l’annonce par Kiev que ses préparatifs pour une offensive de printemps étaient presque terminés.

L’incendie s’est déclaré dans un dépôt de pétrole à Sébastopol, le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire en Crimée, ont annoncé les autorités locales. Cette attaque présumée a eu lieu alors que la veille l’Ukraine s’est dite prête à lancer son offensive de printemps contre les forces russes afin de les chasser des territoires qu’elles contrôlent.

« Un incendie est en cours dans un dépôt de pétrole dans la baie de Kazatchia […]. Selon de premières informations, il a été provoqué par une attaque de drones », a écrit sur Telegram le gouverneur de Sébastopol, Mikhaïl Razvojaïev, soulignant que « personne n’a été blessé ».

Soixante pompiers ont été dépêchés sur place pour lutter contre le feu qui sévit sur une surface d’environ 1 000 m2 et ne devrait être maîtrisé que vers le soir, a-t-il ajouté. « La situation est sous contrôle », a assuré M. Razvojaïev, affirmant que « les infrastructures civiles ne sont pas menacées ».

Cité par l’agence de presse publique Ria Novosti, il a ensuite précisé aux journalistes qu’au total quatre citernes de pétrole avaient été endommagées et « ont brûlé ». Le Kremlin n’a fait aucun commentaire sur cette attaque.

Depuis le déclenchement de l’offensive russe en Ukraine en février 2022, la Crimée, une péninsule annexée par la Russie en 2014, a plusieurs fois été la cible d’attaques de drones aériens et navals. La plus importante avait eu lieu en octobre 2022.

Mi-avril, les autorités ont annoncé l’annulation des célébrations des 1er et 9 mai (date officielle de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Russie) sur la péninsule, évoquant « des problèmes de sécurité ».

L’attaque de drones est intervenue moins de 24 heures après des frappes de missiles de croisière russes qui ont atteint des immeubles d’habitation notamment à Ouman, ville du centre de l’Ukraine, où au moins 23 personnes ont été tuées.

Au total au moins 26 personnes ont été tuées vendredi dans plusieurs frappes russes sur des villes ukrainiennes. Samedi, le président Volodymyr Zelensky a précisé que six enfants figuraient parmi les morts.

 

Un châtiment de Dieu

L’Ukraine n’a pas revendiqué l’attaque de drones à Sebastopol, mais les services de renseignement militaires ont laissé entendre qu’il s’agissait de représailles après les frappes à Ouman.

Andriy Yousov, des services de renseignement du ministère ukrainien de la Défense, a assuré qu’il s’agissait « d’un châtiment de Dieu, en particulier pour les civils tués à Ouman ». Il a conseillé aux habitants de la Crimée « d’éviter dans un avenir proche de se trouver près des installations militaires et des installations fournissant l’armée de l’agresseur ».

Le gouverneur de Sebastopol a de son côté appelé les habitants de la péninsule « à rester calmes ».

Vendredi, l’Ukraine a affirmé que les préparatifs en vue d’une offensive de printemps touchaient à leur fin. « Les préparatifs touchent à leur fin », a déclaré le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov au sujet de la grande attaque que son pays veut lancer pour reconquérir les territoires occupés dans l’est et le sud par la Russie.

Dans le sud, les autorités d’occupation russes dans la partie de la région de Kherson contrôlée par les forces russes ont indiqué que la ville de Novaya Kakhovka était soumise samedi à « d’intenses tirs d’artillerie ».

Selon les autorités soutenues par Moscou, le courant était coupé dans cette ville qui était tombée entre les mains des forces russes le premier jour de l’invasion le 24 février 2022. Les forces russes ont appelé les habitants de la ville à « rester calmes » et annoncé que les travaux pour rétablir le courant commenceraient « après la fin des bombardements ».

La veille, l’Ukraine avait indiqué que les Russes avaient bombardé la région de Kherson et tué une femme de 57 ans dans le village de Bilozerka.

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