Quel impact le Leopard 2 aura-t-il sur le champ de bataille?

Conçu par le fabricant allemand Krauss-Maffei et construit en série à partir de la fin des années 1970, le char Leopard 2 combine puissance de feu, mobilité et protection.
Wojtek Radwanski Agence France-Presse Conçu par le fabricant allemand Krauss-Maffei et construit en série à partir de la fin des années 1970, le char Leopard 2 combine puissance de feu, mobilité et protection.

Le char lourd Leopard 2, que l’Allemagne a accepté mercredi de livrer à Kiev après des semaines de tergiversations, est une arme de renommée mondiale, susceptible d’avoir un impact « significatif » sur le champ de bataille, selon les experts.

Conçu par le fabricant allemand Krauss-Maffei et construit en série à partir de la fin des années 1970 pour remplacer les chars américains M48 Patton puis le char Leopard 1, le Leopard 2 combine puissance de feu, mobilité et protection.

Ce char de combat d’une soixantaine de tonnes, dont environ 3500 exemplaires sont sortis des chaînes de production, est doté d’un canon lisse de calibre 120 mm qui permet de combattre l’ennemi tout en se déplaçant, grâce à ses 1500 chevaux, jusqu’à 70 km/h, avec une autonomie de 450 km.

Il est en outre doté, selon le fabricant, d’une « protection passive intégrale » efficace contre les mines et les lance-roquettes. Son équipage de quatre personnes bénéficie en outre d’outils technologiques servant à localiser et à cibler l’ennemi à longue distance.

Une large disponibilité en Europe

Autre atout majeur : le Leopard est répandu sur le continent, ce qui facilite l’accès aux munitions et aux pièces de rechange et simplifie la maintenance, exigeante pour ce type de matériel.

Les quatre derniers modèles en date sont toujours utilisés, du 2A4, dont la Pologne propose de livrer à Kiev 14 exemplaires, au 2A7, dont Berlin n’est pas disposé à se séparer, préférant le conserver — comme la France avec son char Leclerc — pour assurer sa propre défense.

L’Allemagne, qui posséderait au total 312 Leopard 2, dont une centaine en maintenance, selon la presse allemande, va donc livrer 14 exemplaires du 2A6. Il est équipé d’un canon plus long de 1,32 mètre que les précédentes versions. Il peut tirer des munitions plus puissantes et avec une précision améliorée.

Ce char, employé notamment en Afghanistan, a aussi une protection renforcée contre les mines.

La Finlande, équipée de plus de 200 exemplaires du 2A4, selon l’Institut international pour les études stratégiques (IISS), est également prête à en doter l’armée ukrainienne.

Les Pays-Bas pourraient, eux, livrer 18 chars 2A4, a indiqué le premier ministre Mark Rutte dans la Frankfurter Allgemeine Zeitung. L’Espagne est également prête à participer à l’effort.

La Grèce, avec 350 chars, et la Turquie, qui en a utilisé face aux forces kurdes dans le nord de la Syrie, sont les pays qui possèdent le plus de 2A4.

En Allemagne, le groupe d’armement Rheinemetall, qui fournit le canon du char et ses systèmes électroniques et qui en possède plusieurs dizaines d’anciens modèles, a d’ores et déjà indiqué qu’il pourrait livrer au total 139 chars Leopard de type 1 et 2.

Si Kiev pouvait au total en recevoir une centaine, l’effet serait « significatif » sur le champ de bataille face aux Russes, estime l’IISS. L’Ukraine pourrait ainsi « sauver son infrastructure énergétique, et sauver les Ukrainiens des crimes » russes, selon le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kouleba.

Dotée de Leopard 2, « une armée peut percer les lignes ennemies et mettre fin à une longue guerre de tranchées », confirme Armin Papperger, directeur de Rheinemetall. « Avec le Leopard, les soldats peuvent avancer de plusieurs dizaines de kilomètres d’un coup. »

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