Ikea soupçonné d’avoir indirectement eu recours au travail de prisonniers au Bélarus

Selon l’enquête de Disclose, plusieurs entreprises bélarusses ayant été jusqu’à récemment sur la liste des fournisseurs d’Ikea ont collaboré avec au moins cinq prisons et colonies pénitentiaires du régime du président Alexandre Loukachenko.
Kirill Kudryavtsev AFP Selon l’enquête de Disclose, plusieurs entreprises bélarusses ayant été jusqu’à récemment sur la liste des fournisseurs d’Ikea ont collaboré avec au moins cinq prisons et colonies pénitentiaires du régime du président Alexandre Loukachenko.

Ikea a défendu jeudi ses procédures de contrôle visant à assurer qu’il n’a pas recours au travail de prisonniers, après une enquête du média d’investigation Disclose démontrant des liens entre plusieurs de ses anciens fournisseurs au Bélarus et les colonies pénitentiaires du régime de Minsk.

La multinationale d’origine suédoise, qui a coupé ses liens en mars avec ses fournisseurs bélarusses du fait de la guerre en Ukraine, a toutefois reconnu ne pas pouvoir exclure cette possibilité à 100 %.

« Il n’y a, malheureusement, aucun système dans le monde suffisamment solide pour garantir zéro risque de mauvaise conduite », a expliqué à l’AFP le numéro un mondial du meuble.

Dans son cahier des charges, Ikea assure notamment rejeter le « travail forcé » et le travail pénitentiaire.

« Pour vérifier que les fournisseurs se conforment à ces exigences, nous avons un processus bien établi, incluant des évaluations des lacunes, des vérifications de conformités et un suivi de plan d’actions en cas d’écart », a fait valoir Ikea.

Selon l’enquête de Disclose, plusieurs entreprises bélarusses ayant été jusqu’à récemment sur la liste des fournisseurs d’Ikea ont collaboré avec au moins cinq prisons et colonies pénitentiaires du régime du président Alexandre Loukachenko.

Il s’agit au total de dix anciens sous-traitants bélarusses d’Ikea, dont les sociétés Mogotex et Ivatsevichdrev. Selon le média français, elles ont eu recours au travail de prisonniers de diverses prisons (IK-2, IK-4, IK-9, IK-15 et Rypp5).

« Des établissements pénitenciers connus pour des faits de torture, de privation de nourriture et de soins », affirme Disclose.

Du fait de l’invasion de l’Ukraine, Ikea avait annoncé début mars suspendre ses activités en Russie mais aussi chez son allié du Bélarus. Le géant du meuble a ensuite annoncé son retrait des deux pays.

Au Bélarus, Ikea ne comptait aucun magasin mais avait estimé à 10 000 emplois indirects le travail effectué par ses sous-traitants, pour 15 000 emplois directs et 50 000 indirects en Russie.

La multinationale d’origine suédoise, dont les principales holdings sont basées aux Pays-Bas, avait déjà été exposée à un scandale de travail de prisonniers.

En 2012, à la suite d’une enquête interne, Ikea avait reconnu que pour produire certains de ses meubles, des fournisseurs avaient eu au travail forcé de prisonniers politiques en Allemagne de l’Est dans les années 1970 et 1980.

L’audit interne suivait des révélations d’une émission d’investigation suédoise.

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