Nouvelle campagne de frappes russes en Ukraine sous les premières neiges

Un jeune Ukrainien observe un tank russe exposé au centre-ville de Kiev, après une chute de neige sur la capitale du pays.
Andrew Kravchenko Associated Press Un jeune Ukrainien observe un tank russe exposé au centre-ville de Kiev, après une chute de neige sur la capitale du pays.

La Russie a de nouveau lancé des frappes jeudi contre plusieurs villes d’Ukraine, dont la capitale Kiev, des bombardements qui coïncident avec de premières chutes de neige dans un pays miné par les coupures d’électricité provoquées par la Russie.

La répétition des frappes russes depuis octobre sur les infrastructures énergétiques de l’Ukraine prive régulièrement de courant et d’eau des millions d’Ukrainiens.

Le Kremlin a affirmé jeudi que les souffrances des civils en Ukraine étaient « la conséquence » du refus de Kiev de négocier avec Moscou.

« C’est la conséquence du manque de volonté de la partie ukrainienne de régler le problème, d’entamer des négociations, son refus de chercher un terrain d’entente », a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le pays avait déjà été touché mardi par des frappes massives, qui interviennent après une nouvelle humiliante retraite russe.

La Russie, sous pression d’une contre-offensive ukrainienne, a abandonné le 11 novembre le nord de la région de Kherson dont elle revendique pourtant l’annexion.

Les nouvelles frappes de jeudi interviennent au moment où Kiev a connu ses premières chutes de neige qui ont recouvert le matin les voitures stationnées dans les rues. Le gouverneur régional, Oleksiï Kouleba, avait averti la veille que la semaine à venir serait « difficile », avec des températures qui pourront descendre « jusqu’à -10 °C ».

Dans la région de la capitale, deux missiles de croisière et des drones russes kamikazes Shaded de fabrication iranienne ont été abattus par la défense ukrainienne, a indiqué l’administration militaire de la ville.

Un journaliste de l’AFP a vu un de ces missiles survoler un quartier résidentiel dans l’est de la capitale.

À Dnipro, 14 personnes, dont une adolescente de 15 ans, ont été blessées dans un bombardement, a indiqué sur Telegram le gouverneur régional, Valentin Reznitchenko.

« Tous sont hospitalisés dans la ville », a-t-il ajouté.

Deux sites d’infrastructure ont été touchés dans cette frappe russe, selon la présidence.

Dans la région d’Odessa, les Russes ont frappé un site d’infrastructure blessant trois personnes, a indiqué l’administration régionale.

« Aggravation de la situation »

L’opérateur électrique national Ukrenergo a annoncél’extension des coupures d’électricité pour la journée en raison de l’« aggravation de la situation ».

« En raison d’un refroidissement brutal, la consommation d’électricité a augmenté dans les régions d’Ukraine », ce qui a « compliqué davantage la situation déjà difficile dans le système électrique », entraînant de « plus vastes restrictions » de la consommation de l’énergie à travers le pays, a déploré Ukrenergo sur Facebook.

« Il s’agit d’une mesure nécessaire pour préserver la stabilité du système énergétique après la sixième attaque de missiles de Russes, ciblée contre des installations énergétiques », a souligné le groupe en référence aux frappes russes massives de mardi.

De son côté, l’opérateur ukrainien privé DTEK a évoqué « une destruction sans précédent » subie par le système énergétique de l’Ukraine, qui « nécessite des arrêts d’urgence » imposés, afin de « prévenir des accidents complexes et à grande échelle sur les réseaux ».

Par ailleurs, après la chute mardi d’un missile sur la Pologne, tuant deux personnes, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré jeudi « ne pas savoir ce qu’il s’est passé », après avoir pourtant affirmé la veille que le projectile était « russe ».

« Je ne sais pas ce qu’il s’est passé. Nous ne savons pas avec certitude. Le monde ne le sait pas. Mais je suis sûr que c’était un missile russe, je suis sûr que nous avons tiré depuis des systèmes de défense aérienne », a-t-il déclaré, cité dans un communiqué de la présidence ukrainienne.

Sur le plan diplomatique et économique, l’accord permettant les exportations de céréales ukrainiennes depuis les ports d’Ukraine a été reconduit pour les quatre mois d’hiver, levant les inquiétudes sur une possible crise alimentaire mondiale.

Nombre « horrible » de cas de torture à Kherson sous l’occupation russe

Kiev — L’ampleur des cas de torture à Kherson pendant l’occupation russe de cette ville du sud de l’Ukraine est « horrible », a déclaré jeudi un haut responsable ukrainien chargé des droits de la personne.

« Je n’ai pas encore vu » de tortures « à une telle échelle », « après avoir visité toutes les salles de torture dans diverses régions de l’Ukraine », a déclaré Dmytro Lubinets, chargé au Parlement des droits de la personne, à la télévision nationale. « L’ampleur du phénomène est horrible. »

Des « dizaines de personnes » étaient « électrocutées, battues avec des tuyaux métalliques. Leurs os étaient brisés » et « les Russes ont filmé tout cela », a-t-il accusé. « Je suis sûr que dans chaque localité importante, on va découvrir une salle de torture. Car c’est un système mis en place par la Russie. »

Les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir découvert plusieurs salles de torture dans des zones de la région de Kherson reprises récemment aux Russes après des mois d’occupation.

Un habitant de Kherson a raconté à l’AFP avoir été détenu pendant des semaines dans cette ville durant son occupation. Il dit avoir été ligoté, frappé et électrocuté par des responsables russes et des prorusses pendant sa détention.

Agence France-Presse



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