Martine Biron veut relancer la relation France-Québec

Martine Biron est de passage à Paris avant de se rendre à Djerba pour le Sommet de la Francophonie.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Martine Biron est de passage à Paris avant de se rendre à Djerba pour le Sommet de la Francophonie.

Les visites annuelles alternées des premiers ministres français et québécois vont reprendre, après quatre années d’interruption. C’est ce qu’a annoncé, mercredi à Paris, la nouvelle ministre des Relations internationales du Québec, Martine Biron, dans le cadre du lancement de l’Année de l’innovation franco-québécoise 2023. La première ministre française, Élisabeth Borne, visitera donc le Québec au printemps à une date qui reste à déterminer.

En route pour Djerba, où se tiendra le 18e Sommet de la Francophonie les 19 et 20 novembre, Martine Biron avait tenu à réserver à la France son premier déplacement à l’étranger afin de marquer, dit-elle, « l’importance primordiale de cette relation ». En compagnie du ministre délégué chargé du Commerce extérieur, Olivier Becht, elle a dévoilé le contenu de l’Année de l’innovation franco-québécoise 2023, qui verra pour toute sa durée les entreprises françaises et québécoises accentuer leur coopération dans des secteurs de pointe.

Dans mon rôle de ministre des Relations internationales et de la Francophonie, vous allez me voir davantage sur le territoire français

 

Durant cette année, plus d’une vingtaine de délégations françaises, composées d’entrepreneurs, de chercheurs et d’universitaires, visiteront le Québec, et à peu près autant de délégations québécoises feront de même en France. Ces délégations se rendront non seulement dans les grandes villes, mais aussi en région.

Ainsi des entreprises françaises participeront-elles activement à la Semaine des transports électriques intelligents en mars prochain à Montréal ainsi qu’au Congrès annuel de l’Association francophone pour le savoir au mois de mai. En retour, de nombreux chercheurs et entrepreneurs québécois seront invités à prendre part au Forum international de la cybersécurité, en avril à Lille, au Symposium international de la création numérique, en mai à Paris, et au salon Viva Technology, en juin à Paris.

« Un choix stratégique »

« On a besoin aujourd’hui de réaffirmer le lien transatlantique et de réaffirmer le lien fondamental presque ancestral que nous avons entre la France et le Québec », a déclaré le ministre Olivier Becht. Selon lui, « l’Année de l’innovation franco-québécoise montre qu’on n’est pas seulement dans la relance d’un lien d’amitié […], mais qu’on est en fait aussi un levier pour l’économie française et l’économie québécoise ».

Pour Martine Biron, il s’agit d’envoyer un message clair afin d’affirmer l’importance de la relation France-Québec. Ces relations « n’ont jamais été interrompues, mais on veut occuper davantage de territoire ». Sa venue en France sitôt après sa nomination est « un choix stratégique », dit-elle. Elle veut réaffirmer que « la France est pour nous un partenaire essentiel ». « Dans mon rôle de ministre des Relations internationales et de la Francophonie, vous allez me voir davantage sur le territoire français. »

Parmi la quarantaine de personnalités françaises et québécoises réunies au Quai d’Orsay, le président d’Investissement Québec International, Hubert Bolduc, semblait particulièrement réjoui. « Nous avons des secteurs très attrayants pour les entreprises françaises, je pense à l’intelligence artificielle, à la recherche quantique et à tout le secteur des batteries. En revanche, la France excelle entre autres dans l’intelligence artificielle, les microcentrales nucléaires et l’éolien. »

La ministre Biron a aussi rencontré mardi le ministre français de l’Éducation nationale, Pap Ndiaye, avec qui elle a présidé le 68e conseil d’administration de l’Office franco-québécois pour la jeunesse. En soirée, elle participait à une réception à la Délégation générale qui rassemblait plus d’une centaine de personnalités françaises et québécoises. La ministre sera jeudi à Djerba, où sont attendus les premiers ministres Justin Trudeau et François Legault.

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