Zelensky entrevoit «le début de la fin de la guerre»

Main sur le coeur, comme les autres responsables civils et militaires présents, le président Zelensky a chanté l’hymne national au moment de la montée du drapeau ukrainien devant le bâtiment de l’administration régionale, lundi, dans le centre de Kherson.
Service de presse de la présidence ukrainienne via Agence France-Presse Main sur le coeur, comme les autres responsables civils et militaires présents, le président Zelensky a chanté l’hymne national au moment de la montée du drapeau ukrainien devant le bâtiment de l’administration régionale, lundi, dans le centre de Kherson.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dit envisager « le début de la fin de la guerre » après la reprise de Kherson, une ville d’importance majeure dans le sud de l’Ukraine, où il a effectué lundi une visite surprise, trois jours après l’entrée des forces ukrainiennes.

Pour Volodymyr Zelensky, la prise de Kherson marque « le début de la fin de la guerre ». La reprise des territoires occupés par la Russie est « un chemin long et difficile », « le prix » à payer étant « élevé ». Mais « il est impossible de tuer l’Ukraine », a affirmé le président ukrainien devant la presse dans la ville libérée.

Le Kremlin a de son côté continué de prétendre que Kherson, officiellement annexée en septembre dernier au même titre que la région du même nom, appartenait à la Russie bien que ses troupes aient dû l’abandonner.

« Les mois à venir seront difficiles » pour l’Ukraine, a averti le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. « Nous ne devons pas commettre l’erreur de sous-estimer la Russie » a-t-il déclaré à La Haye, estimant que « l’objectif de Poutine est de laisser l’Ukraine froide et sombre cet hiver ».

À l’issue d’un entretien en Indonésie à la veille d’un sommet du G20 boudé par Vladimir Poutine, le président chinois, Xi Jinping, crédité jusqu’à présent d’un soutien tacite à la Russie, s’est dit « très préoccupé » par le conflit en Ukraine.

Le président américain, Joe Biden, a, lui, salué une « victoire importante », et même si, selon lui, l’évolution du conflit va « ralentir à cause de l’hiver », il s’est dit « confiant dans le fait que la Russie ne va pas occuper » l’Ukraine.

Les deux hommes se sont accordés sur leur « opposition » à tout recours à l’arme nucléaire en Ukraine, selon la Maison-Blanche. « La Chine a toujours été du côté de la paix et continuera à encourager les pourparlers de paix », a déclaré le dirigeant chinois.

Lundi, le patron de la CIA américaine, William Burns, rencontrait son homologue russe, Sergueï Narychkine, à Ankara, en Turquie, où il l’a mis en garde contre toute attaque nucléaire.

À Kherson, main sur le coeur, comme les autres responsables civils et militaires présents, Volodymyr Zelensky a chanté l’hymne national au moment de la levée du drapeau ukrainien devant le bâtiment de l’administration régionale dans le centre de Kherson.

Raconter l’occupation

Les forces russes ont été contraintes de se retirer la semaine dernière de Kherson après huit mois d’occupation, ce qui a laissé le champ libre aux soldats ukrainiens pour entrer vendredi dans la ville.

Volodymyr Zelensky a accusé dimanche soir les forces russes d’avoir commis des « atrocités » à Kherson, comme dans les autres régions libérées précédemment. Il a affirmé que 400 « crimes de guerre » russes avaient été documentés à ce stade, sans préciser s’ils concernaient uniquement la région de Kherson.

Interrogés par l’Agence France-Presse (AFP), des habitants de Kherson ont raconté les mois d’occupation russe et, pour certains, leurs actes de résistance pour aider la contre-offensive ukrainienne.

Volodymyr Timor, un jeune de 19 ans, dit avoir noté avec ses amis durant des mois les mouvements des soldats russes dans la ville pour informer l’armée ukrainienne. « On signalait tout : où se trouvaient leurs équipements et leurs lieux de stockage de munitions, où ils dormaient, où ils allaient boire des coups », a-t-il expliqué à l’AFP.

Lundi, le service de renseignement ukrainien a annoncé avoir arrêté à Kherson un militaire russe « déguisé en civil », alors que les craintes sont fortes que des soldats de Moscou soient toujours présents dans la ville.

La Russie est par ailleurs accusée d’envoyer, par l’entremise de la milice Wagner, des milliers de combattants recrutés dans les prisons contre la promesse d’une amnistie. Un étudiant zambien de 23 ans, qui purgeait une lourde peine de prison en Russie, a été tué le 22 septembre au combat en Ukraine, a annoncé le gouvernement zambien.

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