Macron et Scholz veulent relancer leur coopération

Lors du dernier sommet européen, les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en aparté, ont affiché une certaine volonté d’apaisement.
Ludovic Marin Agence France-Presse Lors du dernier sommet européen, les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en aparté, ont affiché une certaine volonté d’apaisement.

Le président français Emmanuel Macron et le chancelier allemand Olaf Scholz vont tenter de relancer la coopération bilatérale, plombée par une série de différends, lors d’un déjeuner de travail mercredi à l’Élysée.

« Après leurs échanges à Berlin le 3 octobre et en amont du Conseil européen le 20 octobre, les deux dirigeants poursuivront leur discussion en matière de défense, d’économie et d’énergie afin de renforcer les coopérations franco-allemandes », a indiqué mardi l’Élysée.

« Ils reviendront tout particulièrement sur les défis communs que nos pays devront affronter dans la décennie à venir et sur la meilleure manière d’y répondre de façon unie et solidaire », a souligné la présidence française.

Solidarité européenne face à la flambée des cours énergétiques, nucléaire, armement européen… rien ne va plus entre les deux premières économies européennes, censées être le moteur de l’Union.

À tel point que le Conseil des ministres franco-allemand prévu mercredi dans le cadre prestigieux du château de Fontainebleau, près de Paris, et qui devait être le premier pour Olaf Scholz, a dû être reporté de plusieurs semaines.

 

Berlin promeut un projet de bouclier antimissile, avec notamment une composante israélienne, auquel veulent se joindre 14 pays européens dont la Grande-Bretagne, les pays baltes, les Pays-Bas ou encore la Finlande. Dénonçant une « course aux armements » au sein du continent, Paris reste en retrait et défend son propre projet, avec l’Italie.

Le futur avion de combat européen, un serpent de mer entre les deux pays, est un autre point de blocage, avec le risque que le projet britannique concurrent, Tempest, prenne de l’avance.

Lors du dernier sommet européen, les deux dirigeants, qui se sont rencontrés en aparté, ont affiché une certaine volonté d’apaisement. Emmanuel Macron a estimé que cette rencontre avait « permis de clarifier beaucoup de choses » et qu’il était « normal » de ne pas toujours avoir les mêmes positions.

Le président et le chancelier aborderont aussi mercredi les « derniers développements » de la guerre en Ukraine, « toujours dans le même esprit de soutien indéfectible » à Kiev, a poursuivi l’Élysée.

Lors d’une conférence internationale consacrée à la reconstruction de l’Ukraine, mardi à Berlin, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a demandé à la communauté internationale un effort financier pour couvrir un déficit budgétaire de 38 milliards de dollars prévu l’an prochain.

Le chancelier allemand Olaf Scholz a appelé de son côté à « commencer maintenant » cette reconstruction, estimant qu’il s’agissait de « rien de moins que de créer un nouveau plan Marshall pour le XXIe siècle ».

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