Les blocages dans les raffineries se fissurent

La grève a été suspendue à la raffinerie de Donges, dans l’ouest du pays.
Damien Meyer Agence France-Presse La grève a été suspendue à la raffinerie de Donges, dans l’ouest du pays.

Après trois semaines de blocages, la mobilisation des grévistes français de TotalEnergies a commencé à faiblir avec la levée du mouvement dans plusieurs raffineries mercredi, sans lever l’incertitude sur l’approvisionnement en carburant à l’approche des vacances scolaires.

La grève a été suspendue à la raffinerie de Donges, dans l’ouest du pays, ainsi que sur deux autres sites pétroliers dans le nord et les Bouches-du-Rhône, selon la Confédération générale du travail (CGT).

Mais le mouvement a été reconduit dans deux autres sites du groupe, en Normandie et dans le Rhône.

« Ils [les grévistes de ces deux sites] ne lâchent rien. Si eux, ils arrivent à faire quelque chose, ça va donner un grand signal dans toute la France », a lancé l’actrice Corinne Masiero, originaire du nord de la France, venue soutenir les grévistes, interprétant avec des camarades comédiens une saynète fustigeant le capitalisme et les multinationales.

« On espère que la direction sera attentive aux revendications des grévistes pour pouvoir sortir du conflit », a déclaré Benjamin Tange, de la CGT.

Ce syndicat est à l’origine de ce mouvement de grève, initié le 27 septembre, qui demande des hausses de salaire sur fond de forte inflation et de superprofits réalisés par TotalEnergies, avec la flambée des cours liée notamment à la guerre en Ukraine.

On espère que la direction sera attentive aux revendications des grévistes pour pouvoir sortir du conflit.

 

La CGT a annoncé avoir proposé mercredi matin un « protocole de sortie de fin de conflit » à la direction de TotalEnergies. Une proposition qui, selon le syndicat, a été rejetée par la direction, ce que TotalEnergies n’a pas confirmé.

Un mouvement a aussi eu lieu chez Esso-ExxoMobil, avant d’être levé la semaine passée après la conclusion d’un accord salarial.

Pression sur le gouvernement

Entre-temps, la reconduction du mouvement dans certaines raffineries et certains dépôts de carburant du groupe jette de nouvelles incertitudes sur la résorption des pénuries d’essence, à quelques jours des vacances de la Toussaint.

Au total, 20,3 % des stations-service, contre près d’un tiers le week-end dernier, étaient encore en manque d’essence ou de diesel mercredi, et on observait des situations plus tendues dans certaines régions, selon le ministère de la Transition énergétique.

Pour accélérer la cadence, le gouvernement a rouvert les vannes de sites bloqués à l’aide de réquisitions de salariés, la dernière visant de nouveau le site de TotalEnergies situé à Feyzin mercredi.

« La situation continue à s’améliorer nettement », a souligné la première ministre Élisabeth Borne.

« Je sais que la situation est encore difficile pour beaucoup de nos compatriotes, mais la dynamique est là, et je veux une nouvelle fois appeler les salariés grévistes à reprendre le travail », a-t-elle ajouté.

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