Bombardements russes d’ampleur en Ukraine, la Biélorussie annonce un déploiement de troupes

Au moins dix personnes ont été tuées et 60 autres blessés dans les frappes massives russes sur l’Ukraine lundi matin, a annoncé la police ukrainienne.
Efrem Lukatsky Associated Press Au moins dix personnes ont été tuées et 60 autres blessés dans les frappes massives russes sur l’Ukraine lundi matin, a annoncé la police ukrainienne.

Des bombardements russes meurtriers, d’une ampleur inégalée depuis des mois, ont frappé l’Ukraine lundi matin et ses alliés l’ont assurée de leur soutien, alors que la Biélorussie a annoncé le déploiement de troupes russo-biélorusses, deux jours après la destruction partielle du pont de Crimée.

L’Union européenne a estimé que les attaques russes visant des civils sont des « crimes de guerre » dont les responsables devront « rendre compte », appelant la Biélorussie à « ne pas être partie à l’agression brutale menée par la Russie ».

« À ce stade, dix personnes sont mortes et environ 60 ont été blessées dans tout le pays à la suite de tirs russes », a indiqué la police ukrainienne sur Facebook, précisant que des policiers, des enquêteurs et des criminologues rassemblent les « preuves des atrocités russes ».

Berlin a annoncé une réunion d’urgence virtuelle mardi des dirigeants du G7 et du président ukrainien Volodomyr Zelensky à 14h00.

« Ils essaient de nous détruire tous, de nous effacer de la surface de la terre », a réagi M. Zelensky sur les réseaux sociaux, réclamant à la France et l’Allemagne une réponse « dure » à la Russie.

Le président russe Vladimir Poutine a expliqué, lors d’une réunion de son conseil de sécurité, que la Russie avait lancé une campagne « massive » de bombardements « contre l’infrastructure énergétique, militaire et de communication de l’Ukraine », en réplique à l’attaque « terroriste » du pont de Crimée. Il a promis des répliques « sévères » en cas de nouvelles attaques ukrainiennes contre la Russie. Les frappes « ont atteint leur objectif », a assuré le ministère de la Défense russe.

Dimanche, M. Poutine avait accusé l’Ukraine d’avoir organisé l’explosion qui a détruit une partie de ce pont inauguré en 2018 par lui-même et reliant la Crimée annexée par la Russie en 2014 et le territoire russe.

Le président biélorusse Alexandre Loukachenko a accusé Kiev de préparer une attaque contre son pays, ajoutant qu’en conséquence Minsk et Moscou allaient déployer des troupes russo-biélorusses, sans préciser leur localisation.

L’armée ukrainienne a accusé la Russie d’avoir lancé des attaques avec des drones iraniens depuis la Biélorussie.

De son côté, la Moldavie a déclaré que « trois missiles de croisière lancés ce matin sur l’Ukraine par des navires russes en mer Noire » avaient violé son espace aérien.

Le président français Emmanuel Macron a fait part au téléphone à M. Zelensky de son « extrême inquiétude », réaffirmant « l’engagement de la France à accroître son soutien à l’Ukraine […] y compris en matière d’équipement militaire ».

Dénonçant des bombardements « inacceptables », le chef de la diplomatie britannique James Cleverly a dit avoir assuré son homologue ukrainien Dmytro Kuleba du « soutien moral et concret » de Londres.

« Réponse résolue »

M. Kuleba, qui a interrompu une tournée en Afrique, est en « contact constant » avec les partenaires de son pays pour « coordonner une réponse résolue aux attaques russes », a-t-il twitté.

Les bombardements russes interviennent alors que la Russie enchaîne les revers depuis début septembre en Ukraine, perdant du terrain dans le Sud comme dans le nord-est du pays.

 

« Ils veulent détruire le système énergétique », a estimé Volodymyr Zelensky, faisant état de « dizaines de missiles » et de drones iraniens Shahed qui ont visé le pays du nord au sud.

Des coupures d’électricité affectaient lundi en fin de matinée de nombreuses régions ukrainiennes suite aux frappes, selon les autorités.

Selon le ministère ukrainien de la Défense, la Russie a lancé 83 missiles, dont 43 ont été abattus par la défense aérienne.

 

À Kiev, visée pour la première fois depuis le 26 juin par les bombardements, au moins cinq personnes ont été tuées selon la police. Une demi-douzaine de déflagrations ont été entendues, avec des frappes sur plusieurs quartiers dont le centre-ville.

« Il y a plusieurs frappes sur l’infrastructure critique de la ville », a déclaré le maire Vitali Klitchko.

Le trafic automobile et ferroviaire a repris samedi sur le pont de Crimée quelques heures après la déflagration qui a fait trois morts et a été attribuée par les autorités russes à un camion piégé.

Kiev n’a ni confirmé ni démenti son implication.

« Terroristes »

M. Zelensky avait également qualifié les militaires russes de « terroristes », après des frappes dimanche sur des immeubles d’habitation de Zaporijjia (Sud) qui ont fait au moins 14 morts selon un nouveau bilan, trois jours après de précédents bombardements (17 morts).

Non loin de là, la centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d’Europe, a été reconnectée au réseau électrique dimanche.

Mardi, selon le Kremlin, M. Poutine recevra le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, à Saint-Pétersbourg.

À Moscou, la Bourse chutait de près de 12 % lundi à l’ouverture, l’indice principal Moex (en roubles) perdant 11, 9 % à 3h03, à 1780,39 points, et passant brièvement sous la barre des 1800 points pour la première fois depuis le début de la guerre en Ukraine le 24 février.

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