L’Europe compte soutenir l’Ukraine aussi longtemps que nécessaire

Ursula von der Leyen s’est entretenue avec le chef de l’État ukrainien, Volodymyr Zelensky, se disant impressionnée par la «bravoure» des forces ukrainiennes sur le front.
Photo: Sergei Supinsky Agence France-Presse Ursula von der Leyen s’est entretenue avec le chef de l’État ukrainien, Volodymyr Zelensky, se disant impressionnée par la «bravoure» des forces ukrainiennes sur le front.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a promis jeudi au cours d’une visite à Kiev que l’Union européenne (UE) soutiendrait l’Ukraine « aussi longtemps » qu’il le faudrait face à la Russie, au moment où les troupes ukrainiennes engrangent des succès.

Mme von der Leyen s’est entretenue avec le chef de l’État ukrainien, Volodymyr Zelensky, se disant impressionnée par la « bravoure » des forces ukrainiennes sur le front. « Vous aurez vos amis européens à vos côtés aussi longtemps qu’il le faudra. Nous sommes amis pour toujours », a-t-elle lancé aux côtés du président ukrainien. L’Ukraine a pour « priorité » de faire partie du marché commun de l’Union européenne, où les biens, les services et les capitaux peuvent circuler librement entre les pays, a de son côté souligné M. Zelensky, dont le pays souhaite notamment augmenter les livraisons de l’électricité à l’UE.

Il s’agissait de la troisième visite en Ukraine de Mme von der Leyen, mais de sa première depuis que le pays est devenu candidat à l’entrée dans l’UE.

Les Européens avaient entériné en juin la candidature de l’Ukraine, qui ambitionne également d’intégrer l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN). Cette perspective est perçue comme une menace existentielle par Moscou, qui a déclenché sous ce prétexte, parmi d’autres, son invasion le 24 février.

Les Occidentaux ont imposé, en réaction, une série de sanctions à l’encontre de la Russie tout en fournissant des armes à Kiev, un soutien crucial qui lui a permis de reprendre dans les dernières semaines des milliers de kilomètres carrés de territoire aux forces russes.

L’Ukraine plaide toutefois également pour un soutien financier, son économie s’étant effondrée et ayant actuellement besoin de cinq milliards de dollars par mois pour couvrir son déficit budgétaire.

Un charnier à Izioum ?

Dans la soirée, le président ukrainien a assuré qu’une « fosse commune » avait été découverte à Izioum, ville reprise aux Russes il y a quelques jours dans le cadre de la contre-offensive ukrainienne déployée dans la région de Kharkiv, et qu’il a visitée la veille.

« Nous voulons que le monde sache ce que l’occupation russe a provoqué », a-t-il dit dans son allocution vidéo quotidienne, sans donner de détails sur le nombre de personnes enterrées ni sur les causes de leur décès.

Il a également souligné que « la quasi-totalité de la région de Kharkiv » était désormais « libérée », avec la reprise de « 400 localités ».

Un responsable de la police régionale, Serguiï Botvinov, a de son côté indiqué à Sky News qu’un site comprenant environ 440 tombes avait été découvert dans la ville. Certains défunts ont été tués par balle, d’autres sont morts dans des bombardements, a-t-il ajouté.

Pour sa part, M. Zelensky a comparé Izioum aux villes de Boutcha et de Marioupol, devenues les symboles des atrocités de l’invasion russe de l’Ukraine. « La Russie laisse partout la mort derrière elle. Et elle doit répondre [de ses actes]. Le monde doit vraiment tenir la Russie responsable de cette guerre. Nous allons tout faire pour cela », a-t-il lancé.

La ville natale de Zelensky attaquée

 

Dans la soirée de mercredi, les forces russes ont frappé de sept missiles des infrastructures hydrauliques, provoquant une crue subite de l’Inhoulets, une rivière arrosant Kryvyï Rih, la ville natale de M. Zelensky, qui a dénoncé une tentative d’inondation.

Des bombardements ont à nouveau visé cette cité jeudi, touchant au moins une fois des infrastructures hydrauliques, sans faire de victimes, a dit le chef de l’administration militaire locale, Oleksandr Vilkoul.

Les Russes « ont probablement ciblé le barrage de Karatchoun », sur l’Inhoulets, « pour endommager les ponts flottants ukrainiens plus en aval » dans l’objectif d’entraver la contre-offensive de Kiev dans la région de Kherson, a estimé le centre d’analyse américain Institute for the Study of War.

Dans l’ensemble de l’Ukraine, « plus de 20 localités » ont essuyé des frappes russes jeudi, a souligné l’armée ukrainienne dans son rapport du soir.

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