L’été 2022, le plus chaud enregistré en Europe

Le ressenti des Européens d’un été de braise est confirmé par les relevés des satellites, le réchauffement climatique est là, et bien là.
Alberto Pizzoli Agence France-Presse Le ressenti des Européens d’un été de braise est confirmé par les relevés des satellites, le réchauffement climatique est là, et bien là.

L’été 2022, qui a vu se multiplier les catastrophes liées au réchauffement climatique, a été le plus chaud enregistré en Europe, a indiqué jeudi le service européen concernant les changements climatiques Copernicus.

Forêts en feu, rivières asséchées, cultures en berne, records de chaleur explosés. Le ressenti des Européens d’un été de braise est confirmé par les relevés des satellites, le réchauffement climatique est là, et bien là.

Sur les trois mois de l’été météorologique (juin-août), les températures ont dépassé de 1,34 °C la moyenne de la période 1991-2020, et de 0,4 °C le précédent record, qui datait de 2021, selon les relevés de Copernicus, qui se base sur des données récoltées à partir de 1979.

Les étés 2010 et 2018 ont été dépassés de 0,5 °C, et celui de 2003, resté dans les mémoires pour une canicule jusqu’ici considérée comme exceptionnelle, de 0,6 °C.

Pour le seul mois d’août 2022, les températures ont été « de loin les plus hautes » enregistrées, « à 1,72 °C au-dessus de la moyenne 1991-2020 », a précisé Copernicus dans un communiqué.

Ce nouveau record s’inscrit alors que les effets des changements climatiques se font de plus en plus sentir dans le monde.

« Le précédent record ne datait que d’un an », a ainsi souligné dans le communiqué Freja Vamborg, responsable scientifique de l’institut européen.

Sécheresse et incendies

 

Et de rappeler les conséquences catastrophiques de ce réchauffement : « La sécheresse et les incendies dans de nombreuses régions d’Europe ont affecté la société et la nature de diverses façons. »

En matière d’incendies, les 27 pays de l’Union européenne avaient établi à la mi-août un record à ce stade de l’année depuis le début de la prise de données satellitaires, en 2006, avec plus de 660 000 hectares brûlés. Des régions habituellement épargnées ont été touchées, comme la mythique forêt bretonne de Brocéliande, dans l’ouest de la France.

La sécheresse affecte de son côté nombre de pays européens, avec des cours d’eau à sec et des restrictions dans certaines localités. Les conséquences se font déjà ressentir dans le secteur agricole, ce qui fait craindre pour les récoltes et craindre de possibles effets sur une inflation déjà forte.

De nombreux pays ont connu des records de chaleur, le Royaume-Uni dépassant ainsi pour la première fois les 40 °C.

Les scientifiques lancent l’alerte depuis de nombreuses années sur le fait que les conséquences du réchauffement climatique vont se multiplier à mesure que les températures moyennes montent.

L’Accord de Paris de 2015, principal traité en matière de lutte contre les changements climatiques, fixe pour objectif de maintenir le réchauffement moyen mondial de l’atmosphère « nettement sous » 2 °C et, si possible, à 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle, quand ont commencé les émissions à grande échelle de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement.

Mais ce réchauffement a déjà atteint 1,2 °C, et les engagements actuels des États en matière de réduction des émissions placent, selon les experts de l’ONU, le monde sur la trajectoire d’un réchauffement « catastrophique » de 2,7 °C.

Les conséquences du réchauffement n’ont pas frappé que l’Europe, et l’été 2022 a matérialisé comme jamais la réalité du réchauffement climatique pour des milliards de personnes, avec des inondations meurtrières au Pakistan et des pluies diluviennes aux États-Unis. La Chine a elle aussi été frappée par les canicules et la sécheresse.

Mais si le thème du réchauffement s’est imposé dans le débat public et politique, la crise énergétique qui secoue le monde fait aussi craindre une nouvelle course vers les énergies fossiles, principale source du réchauffement.

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