Un gouvernement de droite marqué par la diversité pour Liz Truss

La première ministre Liz Truss entre en fonction en pleine urgence économique, vu la chute historique du pouvoir d’achat provoquée par la hausse des factures d’énergie.
Photo: Andrew Milligan Pool / Agence France-Presse La première ministre Liz Truss entre en fonction en pleine urgence économique, vu la chute historique du pouvoir d’achat provoquée par la hausse des factures d’énergie.

La première ministre Liz Truss a nommé mardi un gouvernement de fidèles de droite, marqué par une diversité inédite et chargé de sortir le Royaume-Uni de la « tempête » économique et sociale provoquée par l’envolée des prix de l’énergie.

Après une campagne menée sur la promesse de baisses d’impôt, la troisième femme cheffe de gouvernement britannique, après Margaret Thatcher et Theresa May, entre en fonction en pleine urgence économique, vu la chute historique du pouvoir d’achat provoquée par la hausse des factures d’énergie. Dès son retour d’Écosse, où la reine Élisabeth II l’a officiellement invitée à former un gouvernement à la place de Boris Johnson, elle a nommé les premiers poids lourds de son gouvernement.

Pour la première fois, aucun des quatre principaux postes de l’exécutif n’est ainsi occupé par un homme blanc. Il s’agit de personnalités, la plupart très conservatrices, loyales à Liz Truss, avec cependant le parcours classique des élites britanniques.

Ancien secrétaire d’État aux Affaires étrangères, James Cleverly, 53 ans, dont la mère est originaire de la Sierra Leone, devient chef de la diplomatie. Suella Braverman, ancienne avocate de 42 ans, hérite de l’Intérieur et du dossier des traversées illégales de la Manche.

Surtout, Kwasi Kwarteng, fils d’immigrés du Ghana de 47 ans, est promu au poste de ministre des Finances, en première ligne face à une inflation qui dépasse 10 %, la plus élevée des pays du G7 et qui menace de s’aggraver.

Le premier Conseil des ministres se réunira mercredi matin.

 

Des mesures « cette semaine »

« Nous ne devons pas être intimidés par les défis auxquels nous faisons face », a souligné Liz Truss aux dizaines de députés réunis devant sa résidence de Downing Street. « Je suis convaincue qu’ensemble, nous pouvons surmonter la tempête et reconstruire notre économie. »

Elle a réitéré ses promesses d’un « plan audacieux » de baisses d’impôt et d’agir « cette semaine » pour aider les ménages étranglés par les factures d’énergie.

Selon les médias britanniques, elle doit annoncer jeudi un plan de plusieurs dizaines de milliards de livres pour geler les prix de l’électricité et du gaz, censés augmenter de 80 % en octobre.

« Défendre la démocratie »

Celle qui était jusqu’à présent cheffe de la diplomatie a dit vouloir « défendre la liberté et la démocratie partout dans le monde, avec [les] alliés » du Royaume-Uni.

Liz Truss aura fort à faire pour rassembler un Parti conservateur divisé, au pouvoir depuis douze ans et désormais largement distancé par les travaillistes dans les sondages, à deux ans de la date prévue des prochaines élections législatives.

Au lendemain de son élection à la tête du Parti conservateur, majoritaire, Liz Truss, élue par 57 % des quelque 142 000 membres votants du Parti conservateur contre 43 % pour son rival Rishi Sunak, a été reçue au château écossais de Balmoral par la reine Élisabeth II.

Deux mois après l’annonce de son départ, Boris Johnson avait précédé Liz Truss à Balmoral pour présenter sa démission.

Après trois ans et 44 jours, à peine plus que Theresa May qu’il avait remplacée en 2019, Boris Johnson a quitté ce qu’il avait qualifié de « meilleur job au monde », après une série de scandales ayant déclenché des dizaines de démissions dans son entourage proche début juillet.

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