Macron déterminé à bâtir «soit une coalition, soit des accords»

La France est plongée dans l’incertitude, puisque le pays est peu habitué aux coalitions et oblige le président à trouver des alliances.
Photo: Ludovic Marin Agence France-Presse La France est plongée dans l’incertitude, puisque le pays est peu habitué aux coalitions et oblige le président à trouver des alliances.

Le président français Emmanuel Macron, qui a perdu la majorité absolue à l’Assemblée nationale, s’est dit déterminé vendredi à bâtir « soit une coalition », soit des « accords » sur les textes de loi, comme en Allemagne ou en Italie, relevant qu’il s’agissait d’une situation « affreusement banale au niveau européen ».

« Je crois que c’est ce que l’Italie comme l’Allemagne font et c’est ce que nous ferons avec l’ensemble des partis de gouvernement, de pouvoir bâtir soit une coalition, soit [des] accords sur des textes pour avancer sur un agenda clair », a-t-il déclaré à l’issue d’un sommet européen à Bruxelles.

Cinq jours après le second tour des élections législatives, la France est plongée dans l’incertitude, la coalition centriste libérale de M. Macron, qui a été réélu en avril, ne disposant que d’une majorité relative de 245 sièges sur les 577 que compte l’Assemblée nationale, loin de la majorité absolue de 289.

La nouvelle donne rebat les cartes dans un pays peu habitué aux coalitions et oblige le président à trouver des alliances. Le chef de l’État français s’est cependant attaché à relativiser cette situation, notant que c’était le lot commun de nombre de pays européens.

« La France est dans une situation parlementaire qu’elle a connue d’ailleurs en 1988 […] mais [qui] est surtout affreusement banale au niveau européen », a-t-il lancé, en notant que sur 27 États-membres de l’Union européenne, une « vingtaine » comptent des gouvernements de coalition, « certains avec cinq, six, sept partenaires », et d’autres des « gouvernements minoritaires ».

Nombre de pays européens, où le système parlementaire est prédominant, sont en effet habitués à avoir des dirigeants ne disposant que d’une majorité relative au Parlement, comme l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne ou encore la Suède.

En Allemagne, par exemple, le gouvernement actuel du chancelier Olaf Scholz est un attelage des partis social-démocrate, libéral et écologiste.

 

En France, l’idée d’un gouvernement d’union nationale ou d’une coalition de gouvernement a été écartée par l’opposition de droite comme de gauche, laissant présager de fortes tensions au moment de la nouvelle législature, qui démarre mardi prochain. Parmi les priorités figure l’adoption dès cet été de mesures d’urgence face à la flambée de l’inflation.

Le président Macron a rejeté aussi toute idée de perte de leadership pour l’Europe du fait de la situation politique en France, un des pays fondateurs et pilier de l’Union européenne.

« Je pense que l’Europe a un leadership », a-t-il dit, estimant même que cette nécessité de dialogue et de compromis le « renforçait ». « Simplement ça nous donne plus de travail ».

À voir en vidéo