Moscou réduit de 40 % ses livraisons de gaz à l’Europe

En raison, entre autres, de l’absence de compresseurs Siemens, « seules trois unités de compression de gaz peuvent actuellement être utilisées » à la station de compression de Portovaïa.
Natalia Kolesnikova Agence France-Presse En raison, entre autres, de l’absence de compresseurs Siemens, « seules trois unités de compression de gaz peuvent actuellement être utilisées » à la station de compression de Portovaïa.

Le géant russe Gazprom a annoncé mardi baisser de plus de 40 % sa capacité quotidienne de livraison de gaz vers l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream, des équipements nécessaires n’ayant pas été livrés par le groupe allemand Siemens.

« Les livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream ne peuvent être assurées que jusqu’à un volume de 100 millions de m3 de gaz par jour au lieu des 167 millions de m3 par jour prévus », a indiqué le groupe dans un communiqué publié sur la messagerie Telegram.

En raison, entre autres, de l’absence de compresseurs Siemens, « seules trois unités de compression de gaz peuvent actuellement être utilisées » à la station de compression de Portovaïa, près de la ville de Vyborg dans la région de Léningrad (nord-ouest de la Russie), où se fait le remplissage de Nord Stream.

Contacté par l’AFP, Siemens n’a pas voulu « faire de commentaire pour le moment » sur cette question, précisant toutefois être « en train de clarifier la situation, si et comment cela concerne [notre] entreprise ».

Le gouvernement allemand a annoncé débloquer une aide de 12 à 13 milliards de dollars canadiens pour sauver l’ex filiale allemande de Gazprom, menacée de faillite, et dont Berlin a pris le contrôle début avril pour assurer son approvisionnement en gaz, ont indiqué des sources gouvernementales mardi.

« Le gouvernement va empêcher la faillite de Gazprom Germania […] grâce à un prêt », a indiqué la chancellerie dans un communiqué. Une source gouvernementale a précisé à l’AFP que le montant de ce prêt, accordé par la banque publique allemande KfW, pourrait atteindre entre 12 et 13 milliards de dollars canadiens.

Malgré l’intervention militaire en Ukraine, le pays continue d’importer près de 35 % de son gaz depuis la Russie, même si cette proportion était de 55 % avant février.

Payer en roubles

 

Les exportations de gaz russe vers l’Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions contre la Russie.

Gazprom a interrompu ses livraisons de gaz à plusieurs clients européens ayant refusé de payer en roubles.

En réplique aux sanctions imposées par l’Union européenne à la suite de l’offensive russe en Ukraine, Vladimir Poutine a réclamé que les acheteurs de gaz russe de pays « inamicaux » payent en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d’être privés d’approvisionnement, en dépit de contrats prévoyant des paiements en euros ou en dollars.

Or, un certain nombre de clients européens ont refusé.

 

Le gazoduc Nord Stream 1 livre du gaz russe à l’Allemagne via la mer Baltique, sur deux tronçons de 1 224 kilomètres chacun.

Il avait été mis en service en 2012, après avoir coûté près de 9,95 milliards de dollars canadiens d’investissement.

L’ex-chancelier allemand Gerhard Schröder avait été l’un des principaux architectes de ce projet, seul pipeline reliant directement l’Allemagne et la Russie, sans passer par un pays de transit.

Selon les données de la société d’exploitation du pipeline, 59,2 milliards de mètres cubes de gaz naturel ont été exportés de Russie vers l’Europe par Nord Stream en 2021.

Le deuxième gazoduc de ce système, Nord Stream 2, est mort-né. Très controversé en Europe, il avait été achevé mais attendait le feu vert du régulateur allemand pour être mis en service, avant que le début de l’offensive russe en Ukraine ne signe son arrêt de mort.

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