Zelensky demande aux Ukrainiens de ne pas céder dans le Donbass

Une femme âgée est assise à l’entrée d’un immeuble d’habitation dans la ville de Lyssytchansk, voisine de Severodonetsk.
Photo: Aris Messinis Agence France-Presse Une femme âgée est assise à l’entrée d’un immeuble d’habitation dans la ville de Lyssytchansk, voisine de Severodonetsk.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exhorté mardi soir ses compatriotes à « tenir le coup » dans le Donbass, région de l’est de l’Ukraine à ses yeux « vitale » et dont dépendra la suite de la guerre menée par Moscou contre Kiev.

« La défense de la région est essentielle pour donner une indication sur celui qui dominera dans les semaines à venir », a déclaré M. Zelensky dans son adresse à la nation quotidienne diffusée sur Telegram.

Les combats font rage depuis plusieurs jours à Severodonetsk et à Lyssytchansk, villes jumelles dont la chute permettrait aux troupes de Moscou de cibler Sloviansk, dans la région de Donetsk, à quelque 70 km à l’ouest.

La Russie a appelé mardi les Ukrainiens à y cesser leur « résistance absurde » et a proposé d’instaurer un « couloir humanitaire » pendant une douzaine d’heures mercredi afin de garantir « l’évacuation en toute sûreté de l’ensemble des civils, sans exception », réfugiés dans la vaste usine chimique Azot de Severodonetsk.

Selon le chef de l’administration de Severodonetsk, Oleksandr Striouk, « 540 à 560 personnes » sont réfugiées dans les souterrains de l’usine, ce qui rappelle la situation de l’aciérie Azovstal de Marioupol.

Les responsables ukrainiens démentent cependant tout encerclement de leurs forces à ce stade.

« Plus un endroit sûr »

Pour Moscou, la prise de Severodonetsk est indispensable à la conquête de tout le Donbass, région essentiellement russophone.

Comme Severodonetsk, Lyssytchansk est désormais pratiquement déserte, avec des câbles électriques sectionnés, des magasins calcinés. « Les Russes bombardent le centre-ville sans arrêt », a indiqué à l’Agence France-Presse un policier local. « C’est 24 heures sur 24, sans arrêt », ajoute son collègue.

À quelques kilomètres au nord, dans la ville de Novodroujesk, de la fumée s’échappe encore d’un groupe de maisons détruites par des tirs d’artillerie pendant le week-end. « Il n’y a plus un endroit sûr », dit un soldat gardant la station de pompiers locale, et « il y a [encore] des tas de gens ici ».

Pour freiner l’avancée russe, Kiev ne cesse de réclamer des armes aux Occidentaux. Mais « nous [n’avons] reçu [qu’]environ 10 % » des armes dont l’Ukraine a « besoin », a déploré la vice-ministre de la Défense, Anna Maliar.

Il n’y a plus un endroit sûr, [et] il y a [encore] des tas de gens ici.

« Oui, l’Ukraine devrait avoir plus d’armes lourdes », a déclaré mardi soir le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, à la veille d’une réunion sur une éventuelle accélération des livraisons d’armes occidentales.

Washington a commencé à livrer à Kiev de l’équipement lourd, puis des équipements de pointe comme des lance-roquettes multiples montés sur camions (« Himars ») et des pièces d’artillerie de haute précision et d’une portée légèrement supérieure à celles de l’armée russe.

Sur le plan diplomatique, le président français, Emmanuel Macron, qui assume la présidence tournante de l’Union européenne (UE) jusqu’au 30 juin, pourrait se rendre à Kiev jeudi. Sa visite pourrait se dérouler en compagnie du chancelier allemand, Olaf Scholz, et du premier ministre italien, Mario Draghi, selon des médias allemands et italiens.

La présidence française n’a pas confirmé ces informations.

Une telle visite interviendrait alors que l’UE doit décider, lors d’un sommet prévu les 23 et 24 juin, si elle accorde à l’Ukraine le statut officiel de candidat à une adhésion au bloc européen. La Commission européenne doit, elle, rendre son avis avant la fin de la semaine.

Condamnés à mort

Après la condamnation à mort pour « mercenariat » par les séparatistes prorusses de deux Britanniques et d’un Marocain ayant combattu aux côtés des Ukrainiens à Marioupol, la cheffe de la diplomatie britannique, Liz Truss, a indiqué mardi faire « tout son possible » pour obtenir la libération des deux Britanniques.

Au Maroc, des ONG locales ont appelé mardi les autorités de Rabat à intervenir pour « sauver » ce jeune Marocain.

Londres n’a pour l’instant pas demandé à Moscou d’intervenir en faveur des deux Britanniques, a indiqué le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

« Je suis sûr que la partie russe sera prête à écouter », a-t-il ajouté, bien que Moscou ait annoncé mardi interdire l’entrée de son territoire à 49 Britanniques (des journalistes et des experts en majorité, et des représentants du secteur de la défense) accusés de « propager de fausses informations » sur le conflit et d’« alimenter la russophobie ».



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