Les Britanniques célèbrent les 70 ans de règne d’Élisabeth II

Le prince Charles de Grande-Bretagne, la reine Élisabeth II, le prince Louis, la duchesse de Cambridge, Kate Middleton, et la princesse Charlotte se tiennent sur le balcon du palais de Buckingham après la cérémonie du «Salut aux couleurs» à Londres, jeudi, lors du premier des quatre jours de festivités.
Photo: Aaron Chown/Pool Photo via Associated Press Le prince Charles de Grande-Bretagne, la reine Élisabeth II, le prince Louis, la duchesse de Cambridge, Kate Middleton, et la princesse Charlotte se tiennent sur le balcon du palais de Buckingham après la cérémonie du «Salut aux couleurs» à Londres, jeudi, lors du premier des quatre jours de festivités.

Acclamée par la foule jeudi au balcon de Buckingham, la reine Élisabeth II, à la santé fragile, manquera en raison d’« un certain inconfort » le service religieux célébré vendredi pour ses 70 ans de règne, une longévité sans précédent pour la monarchie britannique.

« La Reine a beaucoup apprécié la parade pour son anniversaire [jeudi] et le défilé aérien, mais elle a ressenti un certain inconfort », a indiqué le Palais de Buckingham. « En prenant en considération le trajet et l’activité requise pour le service d’action de grâce à la cathédrale Saint-Paul, Sa Majesté a conclu à contrecœur qu’elle n’y participera pas. »

Cette annonce vient relancer les inquiétudes sur l’état de santé déclinant de la très populaire souveraine de 96 ans, qui a du mal à marcher et dont les apparitions officielles sont devenues de plus en plus rares depuis une nuit à l’hôpital en octobre. Jeudi, à la plus grande joie des dizaines de milliers de spectateurs rassemblés pour le coup d’envoi de quatre jours de festivités, elle est toutefois apparue deux fois au balcon du palais, souriante et vêtue d’un ensemble bleu tourterelle, s’appuyant immobile sur une canne.

Montée sur le trône à 25 ans le 6 février 1952 à la mort de son père George VI, elle était d’abord accompagnée du duc de Kent, un cousin, pour le passage d’un défilé militaire annuel réunissant plus de 1200 soldats et des centaines de musiciens. Elle est revenue au balcon peu après, pour un survol aérien, cette fois accompagnée par 17 membres de la famille royale qui ont des fonctions officielles et leurs enfants. Les mimiques de son arrière-petit-fils Louis, 4 ans, le plus jeune des enfants du prince William, ont d’ailleurs fait fondre le public.

Privés de balcon, le prince Harry et son épouse Meghan ont assisté à la parade discrètement, depuis un autre bâtiment, pour leur premier retour public au Royaume-Uni depuis leur fracassant départ en Californie en 2020. Manquait aussi le prince Andrew, qui a payé des millions de dollars pour mettre fin à une plainte pour agressions sexuelles. Il sera également absent de la cathédrale Saint-Paul, car il a reçu un résultat positif à la COVID-19.

Pour une dernière fois ?

Pour ce jour férié, une foule dense, colorée de drapeaux et portraits de la reine, s’était massée le long du Mall, avenue menant au palais. Certains confiaient avoir l’impression de vivre la dernière grande apparition de la reine nonagénaire, aimée pour son sens du devoir, sa neutralité irréprochable et son humour pince-sans-rire.

« Cela n’arrive qu’une fois dans une vie », explique à l’AFP Mark Cornell, venu spécialement du nord de l’Angleterre, qui assure pourtant ne pas être un admirateur inconditionnel de la monarchie : « Ils doivent se réinventer pour les nouvelles générations. »

Jamais aucun souverain britannique n’a régné aussi longtemps qu’Élisabeth II. Il est peu probable qu’un autre atteigne bientôt une telle longévité : Charles, le prince héritier, a 73 ans, et son fils William, bientôt 40.

« J’espère que les prochains jours seront l’occasion de réfléchir à tout ce qui a été accompli au cours des 70 années, tout en regardant l’avenir avec confiance et enthousiasme », a déclaré dans un message écrit la souveraine, cheffe d’État de 15 royaumes, du Royaume-Uni au Canada, en passant par la Nouvelle-Zélande.

Les félicitations ont afflué du monde entier, le président français, Emmanuel Macron, saluant son « dévouement » à « l’amitié indéfectible » franco-britannique. Même le parti républicain irlandais Sinn Fein a souligné son rôle dans le processus de paix en Irlande du Nord, une démarche longtemps inimaginable de la part de l’ex-vitrine politique de l’IRA.

Dans cette ambiance de fin de règne, la monarchie fait toutefois l’objet de critiques croissantes, notamment dans ses anciennes colonies, quant au passé esclavagiste de l’Empire britannique. Au Royaume-Uni, la reine reste par contre très aimée de ses sujets, avec 75 % d’opinions favorables, selon l’institut YouGov. Son héritier Charles, lui, est bien moins apprécié (50 %). Et seuls 39 % des Britanniques pensent que l’institution existera encore dans 100 ans.

Photo: Daniel Leal Agence Farnce-Presse
Photo: Ben Stansall Agence France-Presse

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