Que retenir de ce 84e jour de guerre en Ukraine ?

Des membres du personnel de la Croix-Rouge se rendent dans leurs véhicules à l'aciérie assiégée d'Azovstal pour observer l'évacuation des militaires ukrainiens.
Photo: Associated Press Des membres du personnel de la Croix-Rouge se rendent dans leurs véhicules à l'aciérie assiégée d'Azovstal pour observer l'évacuation des militaires ukrainiens.

Finlande et Suède se rapprochent de l’OTAN

La Finlande et la Suède ont soumis mercredi leurs demandes d’adhésion à l’OTAN, mais l’opposition de la Turquie contraint l’alliance militaire à mener des consultations pour lever ce blocage, a-t-on appris de sources diplomatiques.

« C’est un moment historique à un moment critique pour notre sécurité », a déclaré le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg. « Nous espérons conclure rapidement [le processus] », a-t-il ajouté. Mais si la Turquie n’obtient pas satisfaction, elle peut encore empêcher l’adhésion de deux façons, soit en refusant de signer les protocoles d’adhésion ou en refusant de les ratifier, puisque la mesure nécessite l’unanimité des 30 pays membres.

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, pourrait d’ailleurs vouloir porter le sujet au prochain sommet de l’OTAN, qui doit se tenir à Madrid les 29 et 30 juin.

Nouvelles redditions à Azovstal

« 959 combattants [ukrainiens], dont 80 blessés, se sont constitués prisonniers » depuis lundi sur le site de l’aciérie Azovstal, à Marioupol, a annoncé mercredi le ministère russe de la Défense. Ils seraient retranchés depuis des semaines à l’intérieur de l’immense usine, mais l’Ukraine n’a pas commenté ces informations.

« Les commandants et les combattants de haut rang du [régiment] Azov ne sont pas encore sortis » du dernier bastion de la résistance ukrainienne dans cette cité portuaire, a de son côté assuré Denis Pouchiline, un chef séparatiste prorusse. D’après lui, un millier de membres de cette unité paramilitaire intégrée à l’armée ukrainienne s’y terrent toujours. L’Ukraine avait donné ce même chiffre la semaine dernière.

L’armée russe concentrait mercredi ses efforts sur le blocage des unités ukrainiennes près d’Azovstal avec des tirs d’artillerie et des frappes aériennes, a signalé l’état-major de Kiev.

Les négociations stagnent

 

La Russie a accusé mercredi l’Ukraine d’« absence totale de volonté » de négocier une fin au conflit, en cours depuis le 24 février dernier.

La présidence ukrainienne avait dit mardi que les pourparlers étaient suspendus à cause de la Russie. « Le processus de négociation est en pause, avait déclaré un conseiller de Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Podoliak. La Russie ne fait pas preuve d’un élément clé : la compréhension de […] ce qui se passe actuellement dans le monde et de son rôle extrêmement négatif. »

Plusieurs rencontres entre les négociateurs des deux camps ont eu lieu, mais elles n’ont donné aucun résultat concret. La dernière rencontre entre les chefs des délégations, à savoir Vladimir Medinski pour la Russie et David Arakhamia pour l’Ukraine, remonte au 22 avril, selon les agences russes.

L’ONU demande que céréales et engrais soient écartés de la guerre

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé Moscou à libérer les exportations de céréales ukrainiennes — et l’Occident à ouvrir l’accès des engrais russes aux marchés mondiaux — afin de pouvoir lutter efficacement contre la crise alimentaire mondiale. « La Russie doit permettre l’exportation sûre et sécurisée des céréales stockées dans les ports ukrainiens », a-t-il dit mercredi lors d’une réunion ministérielle organisée à New York par les États-Unis.

En même temps, « la nourriture et les engrais russes doivent avoir un accès complet et sans restriction aux marchés mondiaux », a réclamé le chef de l’ONU. Ces engrais ne sont pas soumis aux sanctions occidentales prises contre Moscou depuis l’invasion de l’Ukraine, mais la Russie a décidé d’arrêter leur exportation.

António Guterres négocie sur ces deux sujets depuis plusieurs semaines avec la Russie, l’Ukraine, les États-Unis, l’Union européenne (UE) et la Turquie. « J’ai bon espoir, mais il reste encore du chemin à parcourir », a-t-il déclaré, refusant d’en dire plus pour ne pas compromettre les chances d’un accord.

Assistance à l’Ukraine et chute du PIB russe

Bruxelles a proposé mercredi « une nouvelle assistance macrofinancière exceptionnelle » aux Ukrainiens, d’un montant allant « jusqu’à neuf milliards d’euros en 2022 ». Volodymyr Zelensky s’est dit « reconnaissant de [ce] soutien à l’Ukraine », qui l’« aidera à remporter la guerre, à surmonter les conséquences de l’agression russe et à accélérer le processus d’adhésion à l’UE ».

La Commission européenne a également présenté un plan de 210 milliards d’euros pour affranchir l’UE « le plus vite possible » des importations de gaz russe.

Parallèlement, la banque française Société Générale a annoncé avoir réglé les derniers détails de la cession de Rosbank, un poids lourd du secteur bancaire russe dont elle était actionnaire majoritaire, au fonds d’investissement Interros, de l’oligarque Vladimir Potanine, un proche de Poutine. Sous l’effet des sanctions, notamment, l’économie de la Russie devrait subir cette année une contraction comprise entre 7,8 % et 8,8 %, a prédit mercredi Moscou.

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