Le G7 s’engage à ne plus acheter de pétrole russe

Le président français, Emmanuel Macron, a pris part au sommet virtuel du G7 dimanche.
Thibault Camus / POOL / Agence France-Presse Le président français, Emmanuel Macron, a pris part au sommet virtuel du G7 dimanche.

« Le G7 tout entier s’est engagé aujourd’hui à interdire ou supprimer progressivement les importations de pétrole russe », a annoncé dimanche la Maison Blanche dans un communiqué.

Cette décision « va porter un coup dur à la principale artère irriguant l’économie de (Vladimir) Poutine et le priver des revenus dont il a besoin pour financer sa guerre » contre l’Ukraine, affirme l’exécutif américain.

Son communiqué ne précise toutefois pas quels engagements exactement a pris chacun des membres du G7, à savoir l’Allemagne (qui en a la présidence cette année), le Canada, les États-Unis, la France, l’Italie, le Japon, et le Royaume-Uni.

Le G7 tenait dimanche, en visioconférence, sa troisième réunion de l’année, avec la participation du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le choix de la date est hautement symbolique : les Européens commémorent le 8 mai la fin de la Seconde guerre mondiale en Europe.

Cette réunion de dimanche se tient par ailleurs à la veille de la parade militaire du 9 mai en Russie, qui marque la victoire de l’Union soviétique sur l’Allemagne nazie.

Les Occidentaux font preuve jusqu’ici d’une très étroite coordination dans leurs annonces de sanctions contre la Russie, mais n’avancent pas au même rythme quand il s’agit de pétrole et de gaz russe.

Les États-Unis, qui n’en étaient pas de grands consommateurs, ont d’ores et déjà interdit l’importation d’hydrocarbures russes.

Les États membres de l’Union européenne, sous pression pour se joindre au mouvement, mais beaucoup plus dépendants de la Russie, continuaient dimanche à mener d’intenses tractations pour mettre en place un embargo sur le pétrole russe.

Washington a par ailleurs annoncé dimanche dans un communiqué de la Maison Blanche une nouvelle salve de sanctions contre la Russie, autour de deux axes majeurs : les médias, et l’accès des entreprises et des grandes fortunes russes aux services de conseil et de comptabilité dont les Américains et les Britanniques sont les grands spécialistes mondiaux.

Les États-Unis vont sanctionner les chaînes de télévision Pervy Kanal, Rossiïa-1, et NTV. Il sera interdit à toute entreprise américaine de les financer par de la publicité ou de leur vendre des équipements.

« Aucune société américaine ne doit participer au financement de la propagande russe », a dit un haut responsable de la Maison Blanche, qui a requis l’anonymat, en soulignant que ces médias étaient directement ou indirectement contrôlés par le Kremlin.

Autre axe d’attaque de Washington : interdire la prestation de services « d’audit, de management, de conseil, de marketing, tous les services utilisés pour faire fonctionner des entreprises multinationales, mais aussi potentiellement pour contourner les sanctions ou dissimuler des richesses mal acquises », a dit la même source.

Elle a souligné que si les Européens avaient les liens industriels les plus étroits avec la Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni dominaient en revanche l’univers des services, au travers notamment des « Big Four », les quatre géants mondiaux de l’audit et du conseil Deloitte, EY, KPMG et PwC.

Washington a par ailleurs annoncé de nouvelles interdictions d’exportation de produits américains vers la Russie, sur toute une série de biens d’équipement allant des bulldozers aux systèmes de ventilation en passant par les chaudières.

Les États-Unis ont enfin fait savoir dimanche qu’ils allaient imposer des restrictions de visa à 2600 personnalités russes et bélarusses, ainsi que prendre des sanctions contre des responsables des banques Sberbank et Gazprombank.

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