Condamnation à l’international après la frappe sur Kiev

Le maire de Kiev Vitali Klitschko devant un immeuble endommagé après une attaque de la part des Russes dans la capitale de l’Ukraine le même jour où le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, était en visite.
Genya Savilov Agence France-Presse Le maire de Kiev Vitali Klitschko devant un immeuble endommagé après une attaque de la part des Russes dans la capitale de l’Ukraine le même jour où le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, était en visite.

La communauté internationale a condamné vendredi une frappe militaire de l’armée russe qui a entraîné la mort d’une journaliste et blessé plusieurs personnes. Pendant ce temps, des centaines de civils sont plongés dans le désespoir à Marioupol et les combats se poursuivent dans l’est du pays, où l’armée russe peine toutefois à gagner du terrain.

Moscou a confirmé vendredi avoir utilisé la veille un missile de « haute précision » pour attaquer une usine militaire de Kiev. Cette explosion a également endommagé un bâtiment résidentiel, entraînant la mort d’une journaliste ukrainienne de 54 ans, Vira Hyrych, qui travaillait depuis 2018 pour le radiodiffuseur financé par les États-Unis Radio Free Europe / Radio Liberty. Dix personnes ont par ailleurs été blessées dans l’attaque, selon les services d’urgence ukrainiens.

Cette attaque, survenue des semaines après le retrait de Moscou de la capitale ukrainienne, a été interprétée par le maire de Kiev, Vitali Klitschko, comme « un doigt d’honneur » à l’endroit de M. Guterres, en visite diplomatique jeudi dans la capitale.

Plusieurs diplomates, notamment de France et d’Allemagne, ont également condamné vendredi cette attaque, de même que les États-Unis. « Il est difficile de regarder certaines images et d’imaginer qu’un dirigeant sérieux puisse faire ça », a déclaré vendredi le porte-parole du ministère américain de la Défense, John Kirby, en évoquant les atrocités attribuées aux forces russes. Il a alors accusé le président russe, Vladimir Poutine, de « dépravation » et de « cruauté ».

L’Union européenne (UE) envisage d’ailleurs de marquer un pas important dans ses sanctions économiques contre la Russie en approuvant un embargo sur le pétrole russe dès la semaine prochaine. L’information a été rapportée vendredi par le New York Times, qui cite de façon anonyme des hauts placés de pays membres de l’UE. Les 27 s’apprêteraient par ailleurs à sanctionner la plus grande banque de Russie, Sberbank, qui a été épargnée jusqu’à maintenant, rapporte le quotidien américain.

L’Indonésie, pour sa part, a refusé une nouvelle fois d’exclure la Russie du sommet du G20 prévu en novembre à Bali, malgré les demandes répétées de l’Occident en ce sens. Le président indonésien, Joko Widodo, a toutefois annoncé vendredi avoir invité son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, même si l’Ukraine n’est pas membre du G20.

La terreur à Marioupol

La présidence ukrainienne a annoncé vendredi qu’une « opération » d’évacuation des civils terrés dans l’usine d’Azovstal,assiégée par les troupes russes, à Marioupol est « envisagée » sur ce site, mais le défi est de taille, au moment où le reste de la ville est contrôlé par la Russie, qui a largement bombardé celle-ci dans les dernières semaines. L’ONU a aussi indiqué en journée être en train de négocier avec Kiev et Moscou afin de créer un couloir humanitaire dans ce secteur.

« Je ne peux pas confirmer les détails exacts de l’opération pour m’assurer qu’elle se déroule en toute sécurité pour notre peuple et pour les civils bloqués à Marioupol », a expliqué vendredi Saviano Abreu, le porte-parole du bureau humanitaire de l’ONU.

Selon les autorités locales, quelque 2000 combattants et 1000 civils sont coincés dans cette immense usine métallurgique, dans laquelle une attaque russe contre un hôpital de fortune aurait fait des centaines de blessés, selon le maire de Marioupol, Vadym Boytchenko, qui a pris la parole devant la télévision ukrainienne vendredi.

 

Pendant ce temps, l’offensive russe dans le Donbass, qui progresse « lentement et de façon inégale » en raison de la résistance opposée par l’armée ukrainienne, a pris du retard sur le calendrier prévu, a affirmé un haut responsable du Pentagone. « Nous pensons qu’ils ont pris du retard sur ce qu’ils espéraient avoir accompli dans le Donbass », a déclaré à la presse ce haut responsable ayant requis l’anonymat.

Un Américain tué, deux Britanniques « capturés »

Willy Joseph Cancel, un Américain et ancien marine âgé de 22 ans, a été tué en Ukraine, où il était parti mi-mars combattre les forces russes, selon des membres de sa famille qui se sont confiés samedi au réseau américain CNN. Le président américain, Joe Biden, s’est dit attristé vendredi, tandis que la Maison-Blanche a pressé les citoyens américains « à ne pas se rendre » en Ukraine.

D’autre part, deux volontaires britanniques ont été « capturés » par des soldats russes en Ukraine, a affirmé vendredi une organisation à but non lucratif ayant son siège au Royaume-Uni, Presidium Network.

Le ministre britannique de la Défense, Ben Wallace, a pour sa part annoncé vendredi qu’environ 8000 soldats britanniques participeront cet été à des exercices en Europe de l’Est aux côtés de soldats de l’OTAN, dans une « démonstration de solidarité et de force ».

Des dizaines de chars et 120 véhicules de combat blindés seront déployés de la Finlande à la Macédoine du Nord dans le cadre de ce projet prévu de longue date et renforcé depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février.

Avec l’Agence France-Presse



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