Que retenir de ce 61e jour de guerre en Ukraine?

Un militaire ukrainien marche dans les débris d'un immeuble touché par des bombardements russes à Kharkiv en Ukraine. 
Photo: Felipe Dana Associated Press Un militaire ukrainien marche dans les débris d'un immeuble touché par des bombardements russes à Kharkiv en Ukraine. 

Un « danger réel » d’une troisième Guerre mondiale ?

Moscou a mis en garde lundi contre une possibilité de troisième Guerre mondiale, accusant Kiev de « faire semblant » de négocier. « La bonne volonté a ses limites. Et si elle n’est pas réciproque, cela ne contribue pas au processus de négociation », a déclaré le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Le danger [d’une troisième Guerre mondiale] est grave, il est réel, on ne peut pas le sous-estimer », a-t-il ajouté, assurant toutefois que la Russie allait poursuivre les négociations de paix avec l’Ukraine. Selon M. Lavrov, « tout va bien sûr finir par la signature d’un accord » dont les modalités « dépendront de la situation des combats sur le terrain ».

Pas de couloir humanitaire à Marioupol

Aucun accord n’a été conclu lundi pour évacuer Azovstal, dernier territoire de Marioupol encore entre les mains des Ukrainiens, où 1000 civils et des centaines de blessés seraient retranchés, selon la présidence ukrainienne. Après avoir bombardé le complexe métallurgique toute la fin de semaine, Moscou avait annoncé unilatéralement un cessez-le-feu lundi pour « assurer le départ » des femmes, des enfants et du personnel de l’usine « dans la direction de leur choix », mais Kiev a rejeté la proposition du Kremlin. « Le couloir annoncé n’offre aucune sécurité, donc il n’y a pas d’évacuation », a déclaré la vice-première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

L’Ukraine peut gagner la guerre

L’Ukraine peut « gagner » la guerre contre la Russie si elle a les « bons équipements », a affirmé lundi le chef du Pentagone, Lloyd Austin, au retour d’une visite à Kiev avec le secrétaire d’État, la première de hauts officiels américains depuis le début du conflit. « Nous voulons voir la Russie affaiblie à un degré tel qu’elle ne puisse plus faire quelque chose comme l’invasion de l’Ukraine », a déclaré M. Austin. Le ministre britannique de la Défense a annoncé lundi que le Royaume-Uni fournira à l’Ukraine un « petit nombre » de blindés lance-missiles antiaériens Stormer. La Pologne a quant à elle reconnu avoir envoyé des chars à l’Ukraine, sans toutefois en préciser le nombre « pour des raisons de sécurité ».

L’économie russe « se stabilise »

Vladimir Poutine a affirmé lundi que l’économie russe était en train « de se stabiliser », avançant que « l’inflation a ralenti, [que] la croissance hebdomadaire des prix s’est rapprochée de la normale et [que], sur un certain nombre de produits, les prix ont déjà commencé à baisser ». Cette résilience tient, selon lui, en deux facteurs : la bonne santé du rouble, qui s’est « activement renforcé ces derniers temps » et la « demande des consommateurs » revenue à la normale après un « pic en février-mars », lorsque les Russes se sont précipités dans les magasins par crainte de pénuries ou d’une chute de la devise. Des économistes estiment quant à eux que le pire est à venir, à mesure que l’impact des sanctions internationales sera de plus en plus en plus visible.

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