La reine Élisabeth II fête ses 96 ans loin des projecteurs

Dans cette photo captée en mars dernier, mais diffusée ce mercredi 20 avril, la reine Élisabeth II pose avec les poneys blancs Bybeck Nightingale et Bybeck Katie sur les terrains du château de Windsor. La reine a fêté jeudi son anniversaire dans le calme du domaine royal de Sandringham, au nord de Londres.
Royal Windsor Horse Show via Associated Press Dans cette photo captée en mars dernier, mais diffusée ce mercredi 20 avril, la reine Élisabeth II pose avec les poneys blancs Bybeck Nightingale et Bybeck Katie sur les terrains du château de Windsor. La reine a fêté jeudi son anniversaire dans le calme du domaine royal de Sandringham, au nord de Londres.

Doyenne mondiale des monarques en exercice, la reine Élisabeth II a fêté jeudi ses 96 ans dans l’intimité, alors que Londres célébrait sa souveraine par des tirs de canon et des fanfares militaires.

Désormais largement retirée de la vie publique en raison de problèmes de mobilité, la souveraine, qui a passé en février le cap des 70 années de règne, a choisi de fêter cet anniversaire dans le calme du domaine royal de Sandringham, à 200 kilomètres au nord de Londres. Selon la presse, elle passe quelques jours à Wood Farm, une maison relativement modeste qu’affectionnait son époux Philip, décédé l’an dernier à l’âge de 99 ans.

Des centaines de personnes se sont cependant massées à l’extérieur du château de Windsor, où elle réside habituellement. Une fanfare des Coldstream Guards, en tunique rouge et bonnet noir en poil d’ours, y a joué Joyeux anniversaire, et des dizaines de tirs de canon ont retenti à la mi-journée à Hyde Park, notamment.

Pour l’occasion, Buckingham Palace a publié une photo prise le mois dernier, montrant la souveraine en manteau capeline vert foncé, tenant par la bride, dans les jardins de Windsor, deux poneys blancs Fell, une race du nord de l’Angleterre.

Une poupée Barbie à son effigie, portant une robe ivoire, un large ruban bleu et une petite tiare, a également été mise en vente.

Photo: Jonathan Brady Agence France-Presse Une fanfare des Coldstream Guards a joué « Joyeux anniversaire » devant le château de Windsor.

Le premier ministre, Boris Johnson, a rendu hommage à la souveraine sur Twitter, évoquant « 70 ans de dévouement irréprochable ». Son petit-fils William et son épouse, Kate, ont de leur côté salué « une inspiration pour tellement de gens au Royaume-Uni, dans le Commonwealth et le monde ».

Les premiers mois de son jubilé de platine, qui donnera lieu à quatre jours de festivités très attendues début juin, n’ont pas été faciles, entre ses ennuis de santé, les accusations d’agression sexuelle visant son fils Andrew — récemment parvenu à un accord financier avec son accusatrice — et les interrogations sur l’avenir de la monarchie et du Commonwealth.

Depuis une brève hospitalisation en octobre, les apparitions d’Élisabeth II sont devenues extrêmement rares, même si elle continue à assumer des « tâches légères » au château de Windsor, la plupart du temps par visioconférence.

Le 29 mars, elle a cependant assisté à l’Abbaye de Westminster à une cérémonie religieuse en hommage au prince Philip. C’était sa première grande apparition publique depuis des mois.

On l’a vue, frêle et digne, s’appuyant sur une canne, marcher lentement au bras de son fils Andrew et saluer, après la cérémonie, plusieurs participants.

Problèmes de mobilité

 

Elle-même avait confié mi-février qu’elle « ne pouvait pas bouger », en montrant sa jambe gauche lors d’une audience à Windsor. Selon la presse britannique, elle utiliserait un fauteuil roulant en privé, et un ascenseur adapté aurait été installé dans sa résidence écossaise de Balmoral.

En plus de ces problèmes, elle a attrapé la COVID-19 en février. « Cela vous laisse très fatigué et épuisé, n’est-ce pas, cette horrible pandémie », a récemment confié la souveraine.

« Elle est en pleine forme », a cependant déclaré son petit-fils Harry à la chaîne américaine NBC mercredi, après une visite surprise la semaine dernière avec son épouse, Meghan. Le couple désormais installé en Californie ne l’avait pas revue depuis deux ans.

Photo: Mattel via Agence France-Presse La poupée Barbie commercialisée par Mattel.

Depuis octobre, la reine a largement délégué ses tâches à son fils Charles, 73 ans, héritier de la couronne. Mais il est nettement moins populaire qu’elle — 43 % d’opinions favorables, contre 69 % pour la reine —, selon un sondage Ipsos réalisé en mars, et également beaucoup moins apprécié que son fils William (64 %), 39 ans, et l’épouse de ce dernier, Kate (60 %). D’ailleurs, 42 % des Britanniques préféreraient  que Charles abdique en faveur de William.

Mais la récente tournée de William et Kate dans les Caraïbes, pour célébrer l’attachement de la monarchie aux anciennes colonies à l’occasion du jubilé, a parfois donné lieu des rencontres tendues, notamment en raison du passé esclavagiste du Royaume-Uni, augurant de difficultés à venir. Le premier ministre jamaïcain, Andrew Holness, a aussi estimé « inévitable » la transition de son pays, dont la reine est cheffe d’État, vers un régime républicain.

À voir en vidéo