Trois ans après l’incendie de Notre-Dame, des fidèles et touristes pour une méditation

La cathédrale, en reconstruction jusqu’en 2024, a été visitée vendredi par le président français, Emmanuel Macron.
Ian Langsdon Agence France-Presse La cathédrale, en reconstruction jusqu’en 2024, a été visitée vendredi par le président français, Emmanuel Macron.

Trois ans après l’incendie de Notre-Dame de Paris, une méditation a été célébrée vendredi sur le parvis, un moment important pour les fidèles, car c’était la première fois depuis 2019 que la liturgie était proposée si près de l’édifice.

Ce joyau de l’art gothique a été ravagé partiellement par un gigantesque incendie le 15 avril 2019. Celui-ci a provoqué l’effondrement de sa charpente, de sa fameuse flèche, de son horloge et d’une partie de sa voûte, sous le regard médusé de millions de personnes à travers le monde. La cathédrale est depuis fermée aux visiteurs, avec une réouverture après travaux prévue en 2024.

En ce Vendredi saint pour les chrétiens, devant quelques dizaines de fidèles et sous l’oeil de touristes, les deux religieux qui officiaient ont lu des textes de Charles de Foucauld (un religieux français qui doit être canonisé à Rome en mai), accompagnés par des chants de la maîtrise de Notre-Dame de Paris.

L’administrateur du diocèse, Mgr Georges Pontier, a souligné vivre ce Vendredi saint « d’une manière spéciale en pensant que ce 15 avril fut il y a trois ans jour du drame pour notre cathédrale ».

« Nous le faisons en pensant aussi à tous ceux qui sont meurtris, dans leur corps, dans leur chair […] Nous pensons tout particulièrement à ceux et celles victimes de la guerre, et tout spécialement dans l’Ukraine si proche de nous », a-t-il ajouté.

« C’était très fort, un moment d’émerveillement », a confié à l’AFP Michèle Guerrin, une fidèle de 81 ans.

Peu auparavant, les deux hommes d’Église, coiffés de casques de chantier et accompagnés d’un chantre, avaient brièvement prié à l’intérieur de la cathédrale, au milieu des échafaudages.

Dans l’après-midi, le président français, Emmanuel Macron, a inspecté le chantier, en soulignant qu’il représentait un « témoignage d’espérance » et en félicitant « ceux qui passent leurs jours et leurs nuits » à rénover l’édifice.

« Nous sommes un Vendredi saint, il se trouve que cette fête religieuse correspond aussi - c’est assez rare - à Pessah pour nos compatriotes de confession juive et à Ramadan pour nos compatriotes de religion musulmane », a-t-il noté.

Alors qu’il affrontera le 24 avril la candidate d’extrême droite Marine Le Pen, il a souligné être « président d’une République laïque », mais en relevant « une espèce de synchronisme ».

Lors de cette visite de près de deux heures, le président, accompagné de son épouse, a échangé avec des compagnons des entreprises participant au chantier, notamment des tailleurs de pierre. « Je trouve qu’il y a une avancée extraordinaire », a-t-il salué.

Il a réaffirmé que l’objectif de rendre la cathédrale en cinq ans serait tenu, soit en 2024, « ce qui n’exclut pas que certains travaux pourront se poursuivre après la réouverture », a précisé son entourage.

Le monument doit être rendu au culte le 16 avril 2024.

 

Avant l’incendie, la cathédrale accueillait près de 12 millions de visiteurs, 2 400 offices et 150 concerts par an.

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