La Pologne veut porter le massacre de Katyn devant la justice internationale

Andrzej Duda en compagnie du président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky (à droite)
Sergei Supinsky Agence France-Presse Andrzej Duda en compagnie du président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky (à droite)

Le président polonais Andrzej Duda a déclaré dimanche qu’il allait porter le massacre de Katyn — l’assassinat de près de 22 000 polonais par la police de Staline en 1940 — devant la justice internationale.

« Le génocide ne connaît pas de prescription. C’est pourquoi je vais exiger que cette affaire soit tranchée par les tribunaux internationaux. Nous déposerons prochainement les requêtes appropriées », a annoncé M. Duda dans un discours prononcé à l’occasion du 82e anniversaire du massacre, évoquant également « l’agression brutale de la Russie contre l’Ukraine indépendante et démocratique ».

« Ce crime doit être définitivement jugé et ses auteurs désignés », a-t-il ajouté, sans préciser quel tribunal il comptait saisir et qui seraient les accusés.

Cette date correspond également au 12e anniversaire de la catastrophe aérienne de Smolensk qui avait fait 96 morts le 10 avril 2010, dont le président polonais Lech Kaczynski qui se rendait en Russie pour rendre hommage aux victimes du massacre de Katyn.

À la suite de l’invasion par l’URSS en septembre 1939 des régions polonaises de l’Est en vertu du pacte germano-soviétique, 22 000 officiers polonais, prisonniers de l’Armée rouge, ont été abattus dans la forêt de Katyn et à Mednoïe (Russie), ainsi qu’à Kharkiv (Ukraine).

Pendant des décennies, l’Union soviétique a accusé les nazis d’avoir commis ce massacre. Ce n’est qu’en avril 1990 que le dirigeant soviétique, Mikhaïl Gorbatchev, a reconnu la responsabilité de son pays dans ces massacres.

« C’était un crime de génocide commis par les Soviétiques sur des victimes complètement sans défense. Il n’a jamais été puni. Au lieu de cela, nous avons eu le mensonge de Katyn », a affirmé M. Duda.

Il a évoqué « un bref épisode au début des années 1990 sous le président Boris Eltsine, lorsqu’il a finalement été admis que les » autorités staliniennes « étaient responsables du massacre de Katyn ».

Mais, a-t-il poursuivi, « aucune autre mesure n’a été prise. L’enquête sur Katyn a été abandonnée et aucun des auteurs n’a jamais été puni. Tandis que la Russie de Poutine glorifie à nouveau, depuis des années, Staline et l’Union soviétique. Le mensonge de Katyn est revenu en grâce », a encore dit le président polonais.

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