Que retenir de ce 44e jour de guerre en Ukraine?

La gare de Kramatorsk, vue depuis un wagon, après une attaque à la roquette
Photo: Fadel Senna Agence France-Presse La gare de Kramatorsk, vue depuis un wagon, après une attaque à la roquette

Une « atrocité » à Kramatorsk

Au moins 52 personnes ont perdu la vie, dont 5 enfants, à la suite d’une attaque par missile russe contre la gare de train de Kramatorsk, dans l’est du pays, vendredi matin, selon le gouverneur de la région de Donetsk, Pavlo Kyrylenko. L’offensive militaire, dont la Russie nie être à l’origine, est survenue au moment où de nombreux civils étaient réunis dans cette gare afin de fuir la région du Donbass, où la guerre fait rage.

« L’attaque contre une gare ukrainienne est une autre atrocité horrible commise par la Russie, celle-ci ayant frappé des civils qui tentaient de fuir et de se mettre en sécurité », a réagi sur Twitter le président américain, Joe Biden, qui a promis d’augmenter les livraisons d’armes des États-Unis vers l’Ukraine.

D’ailleurs, le ministère de la Défense du Royaume-Uni a annoncé vendredi avoir débloqué une nouvelle somme de 100 millions de livres sterling pour fournir des armes à l’Ukraine, dont des centaines de missiles et des équipements de protection.

Répit dans le nord, inquiétudes dans le sud

À Soumy, une région frontalière de la Russie du nord-est de l’Ukraine, le chef de l’administration régionale a affirmé que celle-ci a été entièrement « libérée » des forces russes. Il a toutefois prévenu la population que le secteur n’est pas « sûr » pour autant, puisque des opérations de déminage sont toujours en cours.

Pendant ce temps, dans la ville portuaire d’Odessa, dans le sud de l’Ukraine, les autorités locataires ont annoncé qu’un couvre-feu sera en vigueur à partir de samedi soir jusqu’à lundi matin en raison de la « menace » de frappes militaires russes.

Les efforts d’évacuation des civils se poursuivent par ailleurs. Vendredi, plus de 6600 personnes ont fui des villes comme Marioupol et Louhansk, parmi d’autres, en empruntant des couloirs humanitaires, selon la vice-première ministre de l’Ukraine, Iryna Vereshchuk.

Le panier d’épicerie écope

Les effets de la guerre en Ukraine sur le prix du panier d’épicerie se font de plus en plus sentir. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont atteint le mois dernier leurs « plus hauts niveaux jamais enregistrés ». Le prix des matières premières agricoles, comme le blé, le maïs et l’huile de tournesol, a ainsi grimpé de 12,6 % en mars sur un mois en raison de ce conflit qui s’enlise et qui menace les prochaines récoltes tant en Ukraine qu’en Russie.

Le rouble russe, cependant, continue à reprendre de la vigueur en raison notamment de la demande énergétique dont continue de bénéficier la Russie. Ce qui a mené de nouveau le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à presser l’Occident de cesser de s’approvisionner en pétrole et en gaz russes.

Liste noire

 

Après les États-Unis et le Royaume-Uni, c’était au tour de l’Union européenne (UE) vendredi de sanctionner les deux filles de Vladimir Poutine, Maria Vorontsova et Katerina Tikhonova, en bannissant celles-ci d’entrée sur le territoire européen en plus d’y geler leurs avoirs. Celles-ci figurent sur une liste noire de l’UE qui comprend plus de 200 autres personnes, dont des oligarques proches du président russe. L’UE entend aussi imposer un embargo sur le charbon russe à partir du mois d’août.

La Russie, pour sa part, a annoncé samedi avoir fermé les bureaux locaux des ONG de défense des droits de la personne Amnesty International et Human Rights Watch, qui ont largement documenté et condamné la guerre en Ukraine dans les dernières semaines.

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