Quoi retenir du 42e jour de guerre en Ukraine?

Des gens s’apprêtent à monter dans un train pour fuir Kramatorsk, une ville de l’est ukrainien.
Photo: Fadel Senna Agence France-Presse Des gens s’apprêtent à monter dans un train pour fuir Kramatorsk, une ville de l’est ukrainien.

Le Canada convoque l’ambassadeur russe à Ottawa

Le Canada a adressé une convocation à l’ambassadeur russe à Ottawa mercredi pour lui montrer les images « choquantes » de meurtres commis à Boutcha, en Ukraine.

S’adressant à des journalistes à Bruxelles, la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, a déclaré qu’elle avait « chargé [son] sous-ministre de convoquer l’ambassadeur de la Russie à Ottawa pour s’assurer qu’on lui présente les images de ce qui s’est passé à Boutcha ».

Plusieurs pays occidentaux ont expulsé ces derniers jours des centaines de diplomates russes en raison de ce massacre, mais pas le Canada. « Je ne suis tout simplement pas certain que le geste symbolique d’exclure les diplomates russes […] vaille le coup de perdre nos diplomates à Moscou », a indiqué pour sa part le premier ministre, Justin Trudeau.

Vers des années de guerre ?

Le président russe, Vladimir Poutine, n’a pas renoncé à son objectif de « contrôler l’ensemble de l’Ukraine », et la guerre risque de durer « des mois, voire des années », a fait savoir mercredi le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg.

« Nous devons être réalistes. La guerre peut durer longtemps, plusieurs mois, voire des années. Et c’est la raison pour laquelle nous devons également être préparés à un long parcours, à la fois en ce qui concerne le soutien à l’Ukraine, le maintien des sanctions et le renforcement de nos défenses », a-t-il déclaré avant le début d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance atlantique.

Ces propos ont été répétés par le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, lors d’une intervention devant la presse.

La guerre se concentre dans l’est

Kiev a appelé mercredi les habitants de l’est du pays à évacuer la région « maintenant », face à la menace d’une offensive majeure de l’armée russe sur le Donbass.

Des obus et des roquettes se sont abattus mercredi à intervalles réguliers sur Sievierodonetsk, la ville la plus à l’est tenue par l’armée ukrainienne.

À Vougledar, à 50 km au sud-ouest de Donetsk, quatre civils ont été tués et quatre blessés dans le bombardement d’un centre de distribution d’aide, selon le gouverneur de la région. La localité voisine d’Otcheretyn a aussi été touchée par des tirs, qui ont fait une victime.

La logistique ukrainienne est toujours visée, selon le ministère russe de la Défense, qui a précisé mercredi que cinq dépôts de carburant avaient été détruits dans la nuit par des missiles.

 

Décès d’un ultranationaliste russe

L’ultranationaliste et vétéran de la vie politique russe Vladimir Jirinovski est mort à 75 ans. Le dirigeant du parti LDPR était donné à l’agonie par plusieurs médias russes depuis des semaines, après qu’il eut contracté la COVID-19.

Ses idées anti-occidentales, qui paraissaient extrêmes dans les années 1990, se sont peu à peu imposées comme dominantes dans la vie publique, y compris au Kremlin. Son dernier coup d’éclat remonte au 22 décembre, lorsqu’il avait prédit que 2022 « ne serait pas une année pacifique, ce sera l’année où la Russie redeviendra une puissance », appelant à « attendre le 22 février ».

Pour l’équipe du plus célèbre opposant au régime de Poutine, Alexeï Navalny, le parti de Jirinovski servait d’opposition de façade au pouvoir russe. « Jirinovski était l’un des piliers du système poutinien », a écrit mercredi sur Twitter Lioubov Sobol, une alliée en exil de Navalny. Selon elle, le Kremlin va essayer de conserver le parti LDPR, mais, sans Jirinovski, « cela ne va pas être facile ».

Avec l’Agence France-Presse

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